Quand la Volvo Race tient ses promesses d'intensité

A 1000 milles de Lisbonne, le suspens pour la première place au classement général est relancé.


/ Yann Riou/Yann Riou/Groupama Sailing Team/Volvo Ocean Race - Lundi soir à 23 heures, Groupama pointait en quatrième position à 78,4 milles du leader Abu Dhabi.

«Life at the Extreme». Le slogan vendeur de la Volvo Ocean Race résume bien la bagarre incroyable que se livrent les sept équipages engagés sur la septième étape entre Miami et Lisbonne. Lundi soir à 23 heures (heure de Paris), Abu Dhabi menait toujours la danse tandis que Groupama et Telefonica, respectivement second et premier au classement général, pointaient en quatrième et sixième position de l'étape. Autant dire que rien n'est joué dans cette course et que le classement général pourrait être bouleversé dans trois jours à Lisbonne.

Après l'anticyclone et son ralentissement, un front a cueilli les six bateaux et les pousse actuellement vers le Portugal. Lundi soir, les concurrents évoluaient à 600 milles au nord-ouest des Açores, à plus de 20 noeuds de vitesse, dans 20 à 30 noeuds de sud-ouest.

La bonne nouvelle pour les bateaux situés à l'arrière de la flotte, c'est qu'ils sont les premiers à toucher le vent soutenu du front, qui se déplace de l'ouest vers l'est. La compression annoncée commence donc à se faire sentir: depuis 24 heures, l'avance du bateau de tête fond ainsi comme neige au soleil. «Je ne suis pas défaitiste, expliquait lundi Ian Walker, skipper d'Abu Dhabi, mais je me prépare mentalement à ce que ceux de derrière aient plus de vent que nous à cause du front froid qui progresse en les cueillant par l'arrière».

«Personne ne gagnera la Volvo à Lisbonne»

Pour tirer le meilleur parti de ce système perturbé, Abu Dhabi et Puma ont choisi le nord. Les quatre autres concurrents sont placés plus au sud. «Vous devez vous positionner du côté où il y a plus de pression, expliquait lundi, à la vacation du jour, Will Oxley, navigateur à bord de Camper. Vous devez deviner l'axe de ce truc, s'il bouge plus à l'est ou à l'ouest, où placer le bateau pour traverser en son point le plus étroit. Vous devez surveiller la pression barométrique et croiser les doigts».

Avec les deux leaders au classement général en queue de peloton, tout reste possible et une victoire d'étape pour Camper ou Puma pourrait resserrer encore le classement général, voire le bouleverser suivant le résultat de Team Sanya ou d'Abu Dhabi.

Un sentiment qui était partagé par l'équipage de Groupama qui semble pourtant profiter de sa carène, très à l'aise dans ces conditions, pour allonger la foulée. «La partie qui va se jouer durant les jours qui suivent s'annonce déterminante pour l'étape et pour la victoire finale, analysait ainsi Yann Riou, équipier média à bord du bateau français. On est dans une configuration inédite, où les leaders se trouvent en queue de peloton, et où des bateaux moins dangereux au classement général se trouvent en position de gagner l'étape, ou de s'intercaler entre les quatre premiers. Personne ne pourra gagner la Volvo à Lisbonne, mais il est éventuellement possible de la perdre, ou du moins de compromettre sérieusement ses chances de victoire».



SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction