Vendée Globe
Au cœur de la course

Sébastien Josse : « Il y a deux courses différentes »

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INTERVIEW. Sébastien Josse a beau courir en MOD70, il n'en oublie pas pour autant le Vendée Globe auquel il a déjà participé deux fois. Il a accepté de livrer au Figaro Nautisme ses impressions sur la course.


Depart du Vendee Globe 2004 / La Chaîne Météo - Crédit photo: Cazade/Panoramic

Figaro Nautisme. - Comment jugez-vous ce Vendée Globe?

Sébastien Josse. - Il y a clairement deux courses différentes, une des bateaux neufs et une des plus anciens. Mais ça reste intéressant notamment avec les deux de tête. Depuis Sainte-Hélène, la séparation des groupes est plus marquée, ça sera très difficile de revenir pour les bateaux au-delà de la troisième place. Lors de la descente de l'Atlantique, on a pu assister à deux types de stratégie. Armel (Le Cléac'h) était en tête et il a donc pris une trajectoire plus sûre car il n'avait pas de raison de prendre un risque. Jean-Pierre Dick, au contraire, était dans le rôle du poursuivant et a donc tenté un pari. Je ne pense pas qu'une des deux stratégies ait marché mieux que l'autre. Ils ont chacun fait ce que leur position les incitait à faire.

Le système des portes des glaces change-t-il la donne?

Je ne pense pas que ça change grand-chose. Quand on regarde bien, les bateaux qui sont en tête le sont depuis bien avant ces portes. C'est sûr que le choix des options est plus restreint, les trajectoires sont plus linéaires. Mais si les portes n'étaient pas là, les bateaux les plus développés pourraient aussi plonger au sud et accroître leur avance. La course n'est pas faussée.

Auriez-vous aimé être au départ de cette édition ou vous projetez-vous sur une prochaine?

Comme beaucoup d'autres skippers, ça m'aurait énormément plu. Mais il y a un écart entre la volonté et la possibilité. Je voulais des bonnes conditions mais tout n'était pas réuni, ce n'est pas grave. Pour ce qui est de la prochaine édition, ce serait prématuré d'y penser dès maintenant. C'est dans 4 ans et on parle tellement de changements de réglementation qu'il serait risqué de se lancer sur un projet aujourd'hui. Actuellement, je suis très bien sur mon trimaran et dans ce que je fais.

N'êtes-vous pas inquiet pour l'avenir des MOD70?

Pas du tout. Les bateaux sont très bien. Il n'y a pas eu de casse, de chavirage ou de drame. Ils sont fiables et solides, chose à laquelle on n'était pas trop habitué avec les multicoques. C'est vrai que l'ambition d'un circuit privé n'est pas évidente vue la situation économique actuelle. Mais les MOD70 peuvent s'insérer dans d'autres courses. Donc je ne suis pas inquiet même s'il n'y a que 5 ou 6 bateaux dans la catégorie.

Le Vendée Globe est-il la plus difficile des courses selon vous?

En solo, c'est possible même si la Solitaire du Figaro, c'est aussi compliqué. Quand vous prenez le top 10 des skippers de la Solitaire, ils peuvent tous rivaliser sur le Vendée Globe, donc le niveau est très élevé. Sur le Vendée Globe, l'effort reste plus long et c'est logique que ce soit plus compliqué. Mais si on compare avec l'équipage, je pense que la Volvo Ocean Race est aussi difficile que le Vendée Globe. Partir pour une course de 9 mois, ce n'est jamais évident et ça reste un tour du monde.

Que préférez-vous entre le solitaire et l'équipage?

Je n'ai pas de préférence. J'aime bien varier les plaisirs. Du moment que j'ai un projet qui rentre à 100 % dans mes objectifs, c'est suffisant. Je recherche toujours les meilleures conditions pour pouvoir vivre ma passion. L'équipage forme à la cohésion, c'est essentiel. Le solitaire apprend à être fort mentalement. Les deux sont intéressants à vivre.



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