Vendée Globe
Au cœur de la course

Javier Sansó : « Un rêve qui devient réalité »

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INTERVIEW. Javier Sansó est le seul Espagnol à participer au Vendée Globe. Mais ce n'est pas son unique particularité. L'Ibère a aussi choisi de se lancer dans la course sur un bateau entièrement écologique.


SAILING - PRE-VG 2012-2013 - ACCIONA / La Chaîne Météo - Crédit photo: Jesus RENEDO/DPPI/VENDEE GLOBE

Figaro Nautisme. -Comment jugez-vous votre course et votre classement?

Javier Sansó. - La course est incroyable, c'est vraiment un rêve qui devient réalité. Après un mois de course, la bataille est exceptionnelle. J'ai eu quelques ennuis au début de la course, mais quand je vois ce qui est arrivé à l'ensemble de la flotte, je pense que je peux être satisfait. Si je prends en compte l'incident dans les Canaries et les deux heures de pénalité du début de course, j'ai perdu environ 500 milles. Je sais toutefois que la course est longue et que les retards peuvent être comblés parfois en une journée donc je ne m'inquiète pas.

Vous possédez un bateau totalement écologique. Pensez-vous que cela vous désavantage?

Absolument pas. En descendant l'Atlantique, le bateau a montré qu'il était très rapide et compétitif, ce qui a été confirmé par le nombre de milles parcouru en 24 heures quand les conditions étaient favorables. Pendant quelques jours, j'ai même été le plus rapide de la flotte. Avec Acciona, nous voulons montrer à travers ce bateau qu'il est possible de faire une course qui soit guidée par une philosophie écologique. Je pense que nous posons les bases d'une nouvelle vision de la course en prouvant que les bateaux écologiques peuvent rivaliser.

Pensez-vous qu'un Vendée Globe 100 % écologique devrait être imposé?

Je pense qu'avec Acciona 100 % EcoPowered, nous proposons une alternative intéressante dans ce sens. La recherche qui a été entreprise sur ce bateau le rend totalement autosuffisant grâce une alimentation aux énergies propres. Mais ce n'est qu'un début, cette initiative doit être pérennisée. Toyota avait créé la Prius pour le monde de l'automobile, Acciona fait le premier pas dans le monde de la course au large.

Comment avez-vous trouvé l'Atlantique au niveau de la pollution?

C'est vraiment triste de voir à quel point nous prenons peu soin des océans. Des incidents comme celui de Vincent Riou ou Marc Guillemot prouvent qu'on laisse n'importe quoi dans la mer. On laisse des objets dans l'eau qui non seulement polluent mais qui sont en plus dangereux pour les bateaux qui naviguent. Nos mers sont sales et nous les détruisons. Les gens ont besoin d'être éduqués sur l'importance de conserver nos océans en bon état. De la Méditerranée aux mers du Sud, je suis affligé par ce que j'observe.

Vous avez navigué dans beaucoup de catégories. Les 60 pieds sont-ils vos bateaux favoris?

Les 60 pieds sont sans aucun doute parmi les bateaux que je préfère. Ce sont des bateaux qu'il est toujours possible d'optimiser. Cela les rend compatibles avec les nouvelles technologies. Ils sont robustes, rapides, et l'âge n'est pas nécessairement un facteur déterminant. Grâce à ces caractéristiques, la flotte a vraiment fière allure et nous assistons aujourd'hui à une belle course.

Vous avez beaucoup de qualifications dans des domaines variés comme la technologie hydraulique, électronique et énergétique. Comment vous servez vous de ces compétences à bord?

Nous avons un grand nombre de systèmes à bord pour permettre de naviguer tout le temps en carburant aux énergies propres, quelques soient les conditions. Lorsque je naviguais dans l'océan Atlantique, les batteries étaient chargées exclusivement par l'énergie solaire. J'avais une surface de plus de 12 mètres qui était recouverte de panneaux solaires et le résultat était très satisfaisant. Désormais, je suis dans les mers du Sud, où on voit rarement le soleil. Il faut donc s'adapter. J'ai des hydro-générateurs et des aéro-générateurs, je navigue donc principalement à l'aide de l'eau et du vent. Grâce à mes compétences, je m'adapte facilement à ces systèmes, je deviens le vrai maître à bord.

Pourquoi décrivez-vous le Vendée Globe comme un rêve?

Parce que c'est la course en solitaire par excellence et que donc tout solitaire rêve de la courir un jour. J'ai aujourd'hui cette chance de pouvoir réaliser ce rêve, c'est magnifique.

Avez-vous des contacts avec les autres skippers?

Pour l'instant je n'en ai pas eu sauf avec Tanguy de Lamotte et ce n'était que par mail. J'ai été très triste d'apprendre l'abandon de Marc, Vincent et Kito avec qui j'ai de bonnes relations. Les incidents de Samantha (Davies), Jérémie (Beyou) et Louis (Burton) m'ont aussi touché. Ce qu'ils ont vécu est un véritable cauchemar pour n'importe quel solitaire. Quand j'entends qu'ils sont à terre et nous en mer, ça me met mal à l'aise, pour eux mais aussi pour leurs équipes.



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