Vendée Globe
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Vincent Riou : «Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir»

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INTERVIEW. Seul ancien vainqueur présent sur cette édition, Vincent Riou a dû abandonner, suite à une collision avec une bouée métallique à la dérive. Nous l'avons joint mercredi après-midi, alors qu'il était en approche des côtes brésiliennes.


SAILING - PRE-VG 2012-2013 - PRB / La Chaîne Météo - Crédit photo: Jean-Marie Liot/DPPI/VENDEE GLOBE

Figaro Nautisme. - Quelle est votre position actuelle?

Vincent Riou. - Les réparations que j'avais effectuées tiennent, parce que je ne force pas trop sur le bateau. Je suis actuellement à 80 milles de Salvador de Bahia et ça bouchonne un peu. Je vais attendre mercredi pour accoster. Mon équipe arrive jeudi au Brésil pour m'aider à réparer. On verra comment se déroule le retour du bateau.

Quel est votre programme de réparation?

Cela va dépendre des pièces. Le tirant d'outrigger est en cours de fabrication en Suisse. Je ne sais pas encore si je pourrai ramener mon bateau moi-même, mais j'aimerais bien. Je verrai en fonction de mes obligations, mais ce serait bien que le bateau soit de retour en Europe avant la fin de l'année.

Votre accident est tout à fait improbable. Quel sentiment prédomine sur le moment? Et deux jours après?

Quand l'incident arrive, il y a un sentiment d'injustice assez fort parce que tomber sur cette bouée métallique, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Même deux jours après, ce sentiment est toujours présent même si on commence à se remettre le cerveau à l'endroit pour penser à l'avenir et non au passé.

Quelles sont les échéances auxquelles vous pensez?

Il faut que je me construise un programme pour l'année prochaine. Mon partenariat avec PRB s'arrêtait à la fin du Vendée Globe donc pour l'instant je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir. On va se mettre autour de la table avec PRB et discuter. Moi j'espère pouvoir continuer avec eux à mes côtés.

PRB parle de continuer en IMOCA uniquement en cas de réduction des coûts, trouvez-vous que l'inflation des budgets dans la voile est trop forte?

Comme tous les sports mécaniques, la voile connaît une forte inflation. Lorsqu'il y avait une croissance économique, cette inflation ne dérangeait pas les partenaires. Mais dans la situation économique actuelle, il est plus compliqué pour les sponsors d'aligner les budgets adéquats. Pour le Vendée Globe, on parle tout de même d'une augmentation moyenne de 30% d'une édition à l'autre. C'est aux marins et aux classes de trouver un produit qui coïncide avec les finances des partenaires. Les sponsors commencent à avoir du mal à trouver les solutions en Imoca, mais à défaut de trouver moins cher, il faut au moins éviter que ce soit plus cher.

Aller vers la monotypie peut-il être la solution?

La monotypie, c'est un bien grand mot. Proposer des standards, oui c'est une solution et ce serait un premier pas. Par contre, on n'empêchera jamais des grandes entreprises de dépenser des fortunes. Mais si quelques aspects étaient réglementés, ce serait déjà un grand pas. Il faudrait aussi donner une plus grande accessibilité à la performance car des skippers comme Tanguy de Lamotte et Alessandro Di Benedetto font de la figuration.



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