Vendée Globe
Au cœur de la course

L’heure est à la récupération

Mots clés :

La majorité de la flotte navigue maintenant dans l’hémisphère sud. Les concurrents profitent des alizés pour recharger les batteries.


Photo : Vincent Curutchet (DPPI) - Vendée Globe

Petit air de paradis pour la majorité des concurrents, purgatoire pour ceux qui sont encore dans le Pot au Noir, la flotte du Vendée Globe est divisée maintenant en trois groupes distincts. En tête, six furieux se battent à coups d’encablures, suivis par un trio de vieux routiers à qui il n’en faut pas conter. A l’arrière, c’est le regroupement général dans le Pot au Noir.

Au près légèrement débridé, les monocoques avancent plein sud et s’apprêtent à longer la face occidentale de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Tous vivent dans un monde incliné à plus de 30° où la moindre brosse à dents a pris place dans les sacs de « matossage », opération qui consiste à porter sur le côté au vent, tout ce qui est déplaçable à bord, pour tenter de rééquilibrer le bateau et lui donner un surcroit de puissance. Les solitaires vivent dans un monde divisé en deux dans le sens de la longueur, où d’un côté c’est un joyeux capharnaüm, et de l’autre un espace vide où le moindre corpuscule est traqué. En leader intraitable, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) continue de creuser l’écart avec ses poursuivants au sein desquels Alex Thomson (Hugo Boss) perd un peu de terrain. Ces types de conditions sont particulièrement favorables aux voiliers de dernière génération, et le navigateur britannique paie là le poids des ans de sa machine. Bonne nouvelle néanmoins pour Alex : la réparation réussie de son hydrogénérateur.

 

Pénalités et coups de freins

 

Si devant, la chasse au banquier continue, le deuxième groupe a dû composer avec la pénalité infligée par le jury. Jean Le Cam (SynerCiel), Mike Golding (Gamesa) et Dominique Wavre (Mirabaud) se sont acquittés de cette tâche non sans quelques grognements. Difficile, quand on part en quête d’espaces de liberté, de se voir rappeler à l’ordre pour une infraction règlementaire…

Belle progression de Sanso et De Lamotte

 

Derrière, les belles opérations comptables sont à mettre à l’actif de l’Espagnol Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) qui grimpe à la dixième place, en ayant repris 82 milles à Armel Le Cléac’h entre le classement de 5 heures du matin et celui de 16 heures. Onzième, Tanguy de Lamotte (Initiatives-coeur) fait encore mieux en effaçant 145 milles de son ardoise personnelle ! Moins chanceux avec la météo, Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) au prise avec les calmes du Pot au Noir, rétrograde au treizième rang et voit là se noyer une part de sa très belle remontée sous des nuages de grains.

 

LES VOIX DU LARGE

 

Alex Thomson (Hugo Boss) : « Je suis dans l’Atlantique sud avec un vent d’environ 14 noeuds. La température extérieure est de 30 degrés et les conditions sont plutôt stables, ce qui me permet de me consacrer à la réparation de mon hydrogénérateur. Hier soir, j’ai réparé le système de fixation et j’y ai ajouté de nouveaux boulons. C’est un peu du système D, à la Alex Thomson! Mais la nuit est tombée, je n’y voyais plus rien, donc le but est de terminer ça ce matin. J’ai pu dormir un peu la nuit dernière mais la priorité, c’est de réparer cet hydrogénérateur car ensuite, je pourrai retrouver mon rythme habituel, ma petite routine, que ce soit au niveau du sommeil ou des manœuvres ».

 


Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) : « On descend dans l’alizée du sud-est, tranquillement. Toujours en bâbord amure. C’est quand même assez cool depuis quelques jours et il nous faudra encore quelques jours pour contourner l’anticyclone de Sainte Hélène. Entre l’entretien du bateau et la météo, j’ai attaqué un premier roman policier. Je lis quelques pages et ça me permet de m’endormir. Je lis aussi pendant les repas ou l’après-midi quand je décroche un peu du rangement. La traversée des Açores a été décisive, la dorsale a mis en place une hiérarchie dès les premiers jours de course. A bord, j’ai un document de mon équipe pour contrôler l’entretien du bateau. J’ai de quoi faire, j’ai ma liste pour tout vérifier. ll fait plus frais à bord, les journées sont un peu moins physiques. J’économise un peu d’énergie pour la suite car dans une dizaine de jours on va attaquer la montagne comme on dit, avec le premier col ! (les quarantièmes rugissants) ».

 

Jérémie Beyou (Maître CoQ) : « Je suis toujours au Cap Vert, on devrait partir cet après-midi, direction la France. On a effectué certaines opérations pour savoir ce qui s’était passé. Une pièce comme ça, qui a une charge de rupture à plus de 150 tonnes, qui casse, c’est qu’on a du taper quelque chose. On a vu un bel impact sur le bulbe de quille donc ça doit être ça ».

 

Mike Golding (Gamesa) : « Au sujet de la pénalité de 30 minutes infligée à Gamesa : Ça ne me ravit pas mais ça y est, c'est fait. La nuit a été longue et assez frustrante, avec un vent de face qui a fait baisser ma VMG. Je suis actuellement sous solent car sous génois, le bateau penchait trop ».

 

Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) : « Ça va, tranquillement. Le pot au noir n’a pas été sympa avec moi la vache, j’ai halluciné ! J’ai l’impression que ça repart tout doucement… mais vraiment doucement. Il fait beau, on va essayer d’avancer un peu plus vite. Rien à voir avec il y a 4 ans, les grains ont duré plus longtemps et ça a du mal à redécoller. Le pot au noir n’a pas été très cool mais là c’est mieux, on dirait Arcachon l’été ».

 

Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) : « Un petit bonjour depuis le pont d'Acciona 100% EcoPowered ! J'ai appris l'abandon de Gutek et cette nouvelle m'attriste beaucoup, surtout après tous les efforts qu'il a consentis lors des deux mois qui ont précédé le départ. Gutek, j'espère te retrouver dès l'an prochain sur une autre course ! Bonne chance pour la suite ».

 

Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde) : « Je suis content de remonter sur Boissières, mais lui va peut être sortir plus tôt de cette zone calme. Cette zone a tendance à s’étendre plutôt qu’à se rétrécir. Les jours à venir, j’aimerais bien que ça aille un peu plus vite. On est 4-5 bateaux ensemble. Il faut être patient à la sortie du pot au noir. Là, je prends le temps de bricoler sur le bateau et j’essaye de le faire marcher car la vitesse n’est pas terrible. On s’occupe sainement ! J’espère revenir au moins sur les 3-4 bateaux devant. Ils savent contourner les bulles les gars, ce sont des grands garçons. Pour revenir, il faudrait qu’ils aient des petits soucis techniques ou des mauvaises conditions. Mais ce sont quand même de grands marins, ça va être dur ».

 

Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) : « Les côtes brésiliennes s’approchent, c’est signe de chaleur, de musique et de fête ! C’est une mer assez calme au début mais j’adore cette mer. Je suis en position un peu d’attaque, on va voir comment ça se passe, mais tactiquement (il imite Didier Deschamps) ça me va. C’était ma première bonne nuit avec pas mal de temps de sommeil, une nuit assez calme avec pas trop de réglages. Le départ a été vraiment foudroyant. Je n’ai jamais oublié d’étudier la météo mais là c’est une météo davantage à long terme ».

 

CLASSEMENT

Positions du 22/11 à 16 heures : 1.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 20 823 milles de la ligne d’arrivée; 2.François Gabart (Macif) à 53,8 milles du leader; 3.Vincent Riou (PRB) à 62,6 m; 4.Bernard Stamm (Cheminées-Poujoulat) à 66,2 m; 5.Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) à 73,2 m: 6.Alex Thomson (Hugo Boss) à 86,6 m; 7.Mike Golding (Gamesa) à 238,5 m; 8.Dominique Wavre (Mirabaud) à 260,4 m; 9.Jean Le Cam (SynerCiel) à 265,7 m;10.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 345,9 m; 11.Tanguy de Lamotte (Initiatives-coeur) à 377,9 m; 12.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 378 m; 13.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 410,4 m; 14.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 776 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa).
 



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