Vendée Globe
Au cœur de la course

Di Benedetto : « Le Vendée Globe, c'est un rêve »

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Dernier du classement, Alessandro Di Benedetto ne cherche pas à rivaliser avec les « grands ». Son seul voeu est de s'amuser et il y arrive très bien.


La Chaîne Météo - Crédit photo VINCENT CURUTCHET/DPPI/VENDEE GLOBE

Figaro nautisme. - Comment jugez-vous votre début de Vendée Globe?

Alessandro Di Benedetto. - Je suis très content d'être ici, de participer à cette course mythique. C'est l'Everest des Mers, j'avais hâte de partir et de naviguer avec Team Plastique. C'est un joli bateau qui a déjà une belle histoire. C'est bien qu'il continue à surfer sur les océans. Je suis satisfait d'être 14e au classement. Les premiers jours, j'ai fait très attention au bateau, j'ai rencontré de la houle croisée, cassante et j'ai quelque fois modifié le cap et ralenti pour ne pas casser. Je fais très attention car la route est longue...

Vous avez déjà fait ce parcours sur un voilier de 6,50m, cela vous aide-t-il?

Je pense que oui. Ça m'a surtout beaucoup aidé dans la préparation du bateau et de l'équipement à terre. La gestion du repos, la protection du corps, l'organisation de la vie à bord, les vivres et l'eau sont aussi des aspects que j'avais pu tester lors de ce précédent tour du monde. Tout peut arriver à n'importe quel bateau et au meilleur skipper. Une collision, un problème technique, c'est rarement prévisible. Avec mon sponsor, j'ai essayé de faire une liste des priorités, en particulier sur les contrôles du bateau, la sécurité. Si j'arrive à la suivre nous pourrons réaliser un beau projet.

Etait-ce plus difficile que sur un 60 pieds?

C'est différent. Sur un 6.50, une des choses les plus difficiles est le manque d'espace. Il faut par exemple savoir gérer la mer forte dans le Grand Sud. Sur un 60 pieds la difficulté est d'anticiper la météo. On ne peut pas commettre de faute, on ne peut rien laisser au hasard. Chaque faute, aussi minime soit elle, peut être fatale. Avec l'inertie du bateau et la grande surface des voiles un petit problème peut très rapidement se transformer en quelque chose de dangereux.

Yves Parlier vous attribuait le courage et la persévérance comme qualités principales. Ce sont ces valeurs que vous voulez mettre à l'épreuve avec ce Vendée Globe?

Je participe à ce Vendée Globe pour plusieurs raison mais tout vous raconter serait bien trop long. Je pense qu'à mon retour, je vais écrire un livre sur ce Vendée Globe. Je le fais parce que c'est un rêve, parce que c'est le top de la course pour un solitaire, parce qu'on navigue sur des machines puissantes qui donnent des sensations incroyables. Je le fais pour l'aventure, pour partager des émotions avec le grand public, mais aussi avec les salariés de Team Plastique et des autres partenaires. Il ne faut pas oublier que c'est un grand voyage.

Comment se passe la vie à bord?

Le rythme commence à venir. Il faut s'organiser mais au final, le rythme se forme tout seul en fonction des conditions météo et de l'avancement du bateau. Pour le moment ça se passe très bien, je fais pousser mes salades pour avoir des aliments frais tous les jours. Je suis en forme et je connais de mieux en mieux ce bateau, ses limites et les miennes.

Les réparations que vous avez apportées pour l'hydrogénérateur et le safran babord tiennent-elles?

Oui, même si malheureusement, l'hydrogénérateur ne marche désormais qu'à environ 50 % de ses capacités. Il va falloir faire avec. Le safran va bien aussi, j'ai démonté un taquet bloqueur de la bôme et j'ai remplacé le taquet explosé. Aujourd'hui, j'ai fait d'autres petites interventions: un peu de colle pour une petite rentrée d'eau sur un hublot et le collage d'un petit taquet.

Vous avez un des bateaux les plus vieux de la course, cela vous frustre-t-il de ne pas pouvoir concourir à armes égales avec les autres skippers?

C'est surtout le seul à avoir une quille fixe et c'est vrai, il a bien 14 ans... Je le savais depuis le début que j'allais avoir plusieurs handicaps par rapport aux autres. Mais ça ne me dérange pas car je suis en train de m'amuser et je veux faire une belle course. Je veux avant tout raconter une belle histoire de navigation et d'émotions en mer.

L'objectif est-il seulement de terminer?

Bien sûr, c'est important de terminer la course. Mais mon objectif est surtout de faire la meilleure performance possible, donner le meilleur de moi-même. Si j'y arrive, je pourrais être satisfait. Un Vendée Globe, ça se prépare aussi à terre. Ce ne sont pas forcément les bateaux plus rapides qui vont terminer. Terminer, c'est déjà avoir réussi quelque chose d'énorme.

Contactez-vous les autres concurrents? Et la terre?

Oui, de temps en temps j'échange des mails avec Arnaud (Boissières) et Tanguy (de Lamotte). J'appelle aussi mon sponsor, la famille de temps en temps mais le téléphone est souvent plus compliqué. J'envoie beaucoup de mails et surtout des vidéos et photos. Les mails me permettent de partager des choses comme je l'ai fait avec la réparation de l'hydrogénérateur.

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