Vendée Globe
Au cœur de la course

Gutkowski jette l’éponge, Le Cléac’h toujours en tête

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Privé de pilote automatique, Zbigniew Gutkowski abandonne la partie. Pendant ce temps-là, Armel Le Cléac’h caracole toujours en tête de la flotte.


Photo Mark Lloyd (DPPI) - Vendée Globe

C’est la mort dans l’âme que le skipper polonais Zbigniew Gutkowski (Energa), confronté avec des problèmes électroniques et privé définitivement de pilote automatique, a donc pris la décision d’abandonner. « Le courage, ce n'est pas seulement combattre, mais aussi savoir s'arrêter. Je sais que j'ai fait tout ce que je pouvais pour réparer mes problèmes électroniques depuis plusieurs jours. N'ayant aucun pilote automatique, je ne peux pas courir, et si je ne peux pas courir, je dois abandonner. C'est une décision difficile, une des plus difficiles de ma vie. Mais c'est le Vendée Globe, c'est la puissance de l'océan et vous ne pouvez pas vous y opposer ». Ce nouveau coup du sort porte à six le nombre d’abandons depuis le départ, le 10 novembre, des Sables d’Olonne. Soit déjà près du tiers de la flotte au tapis !

 

Un anticyclone à contourner...

 

Armel Le Cléac’h qui mène toujours la danse a été le premier de la flotte à franchir l’équateur, ce mercredi matin, aux alentours de 8h heure française. En 10 jours, 19 heures et 18 minutes, le skipper de Banque Populaire a établi le deuxième temps de référence derrière les 10 jours, 11 heures et 22 minutes de Jean Le Cam en 2004. Lors de la dernière édition, Loïck Peyron avait été le premier à franchir l’équateur après 12 jours, 8 heures et 58 minutes de navigation. Le skipper Finistérien continu de grappiller de précieux milles à ses cinq poursuivants immédiats, et compte désormais 41 milles d’avance sur François Gabart (Macif) Les six bateaux de tête descendaient l’Atlantique Sud entre 10 et 13 noeuds dans un vent médium d’est-sud-est. Mais beaucoup se demandent comment contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène sans y laisser des plumes ? Pas simple, comme le révèle Armel Le Cléac’h. « Le programme des prochains jours et de savoir comment contourner l’anticyclone. Il va falloir prendre le chemin le plus adéquat. Ça risque d’être un peu long car pour l’instant il n’y a pas beaucoup d’opportunité, mais on va voir comment ça évolue ».

 

LES VOIX DU LARGE

 

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) : « Ça va, le champagne n’a pas trop d’effet, je n’en ai pas trop bu. On est dans l’hémisphère sud depuis environ 8h ce matin. On va vers l’anticyclone de Sainte-Hélène. Je suis content que ce soit la fin du parcours entre les Sables et l’Equateur, les écarts sont faibles, les camarades ne sont pas très loin. On voit que les favoris sont là, la bagarre s’annonce belle pour les prochaines semaines. Il va falloir voir la météo pour les prochains jours et ne pas faire d’erreurs par rapport aux petits camarades ».

 

Alex Thomson (Hugo Boss) : « Je suis enfin sorti du Pot au Noir hier en début d’après-midi et je suis maintenant en plein dans les alizés de l’Atlantique Sud qui soufflent à 12-15 noeuds. Je pense que les conditions vont rester les mêmes pendant quelques jours et cette stabilité va me faire du bien après 10 jours de course mais aussi après le passage du pot au Noir, qui m’a laissé dans le même état que si j’avais boxé 12 rounds contre Vladimir Klitschko. La journée a été dure physiquement, il m’a fallu changer de voiles et de directions plusieurs fois, et je n’ai pas pu dormir, j’avais trop peur de partir dans la mauvaise direction. Les conditions étaient encore plus difficiles la nuit dernière, avec des rafales à 40 noeuds suivies de périodes sans aucun vent. Malgré tout, je pense que j’ai fait du bon boulot puisque quand le jour s’est levé, j’étais dans le groupe de tête. J’étais même 3e à un moment, donc je suis plutôt content de moi, même si je n’ai pas dormi depuis 36 heures ! Hier après-midi, j’ai fait du rangement sur le bateau et je me suis reposé, histoire de recharger les batteries. Je suis vraiment exténué et je pense qu’il me faudra quelques jours pour récupérer. Dès que j’aurai fini de taper ce message, je vais me mettre à la réparation de mon hydro-générateur et j’espère pouvoir le remettre en marche très bientôt. Car je n’ai déjà pas assez de carburant pour terminer la course mais en plus, quand je recharge les batteries avec le moteur principal, la température à l’intérieur du bateau augmente alors qu’elle est déjà insupportable ! ».

 

Dominique Wavre (Mirabaud) : « J’ai appris que le comité de course nous offre deux heures de pénalité mais ce n’est pas très grave, ça fera deux heures de vacances. Mais je suis très content de la position du bateau et j’espère surtout arriver à garder le contact avec ceux de devant. On n’a pas perdu de temps mais on a quand même eu des grains, il a quand même fallu manœuvrer mais ça a été plus facile que pour ceux de devant. C’est marrant d’avoir les autres à portée de vue, on regarde les réglages. C’est sympathique d’avoir cette petite présence. Il fait 31 degrés à l’intérieur de la cabine, la mer est très bleue, le ciel est d’un bleu pâle avec quelques petits cumulus. Ce sont des conditions qui, par rapport à ce qu’on a vécu et ce qu’on va vivre, ressemblent à des vacances ».

 

Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) : « Je sens que c’est compliqué pour ceux de devant. Pour ceux qui sont devant moi c’était facile donc pour moi c’est un peu entre les deux. Ce matin, j’étais pas mal arrêté. Il vaut mieux ne pas s’énerver. On est qu’au niveau de l’équateur donc il ne faut pas s’énerver. Les rois mages ne sont pas encore en Galilée ».

 

Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) : « Ça va chaudement, encore une fois. Depuis quelques jours il fait très chaud malgré pas mal de nuages. C’est assez agréable et j’ai réussi à ventiler suffisamment dans le bateau pour ne pas être comme dans un four. Pour l’instant je suis dans le rythme, Bertrand et Javier ne sont pas très loin de moi donc c’est plutôt sympathique. Dans 150 milles, on arrive dans le pot au noir, ça a l’air plus cool que pour les premiers. J’ai amené 10-12 mascottes, j’attends que vous me donniez une bonne raison pour les sortir. Là j’ai eu un email du directeur d’Initiatives qui me disait qu’on était à 30 000 clics donc à 36 000, j’en sors une nouvelle ».

 

Jean Le Cam (SynerCiel) : « Ils sont passés très à l’est donc il y a une prise de risque. C’est l’avantage d’être derrière, on est les chasseurs et eux ce sont les chassés. On est avec la carabine et eux ils courent dans tous les sens. Ils sont groupés, ils sont en troupeau donc c’est facile de les chasser. Quand tu tires un coup, t’es sûr d’arroser. Cette nuit, j’entendais le ronflement de tous les skippers. Mike Golding, qu’est-ce qu’il ronfle ! Je n’arrivais pas à dormir tellement il ronflait. Tonio c’est le petit genak. Je ne suis pas encore entré dans une période de réflexion là-dessus (à propos des noms des parties de son bateau, ndlr). L’autre jour je voulais faire une vidéo sur les poissons volants et finalement j’ai laissé tomber. Je suis assis à la table à cartes en tenue d’Adam. Avec la chaleur qu’il fait, le soir on a hâte que le soleil se couche ».

 

Jérémie Beyou (Maître Coq) : « Cela a dû se produire à la sortie du front que nous avons négocié au large des Canaries. Il y avait 40 nœuds de vent et une mer croisée très dure. J'étais tribord amure, la tige de vérin était sortie de ce côté-là. En retombant d'une vague, j'ai dû taper un OFNI sur le côté du bulbe, car on voit clairement un impact à cet endroit-là. Ce choc de côté a généré un effort inhabituel sur la tête de quille. Ensuite, le temps a fait son œuvre et deux à trois jours plus tard, la tête de vérin, affaiblie par le choc, a cassé. Après analyse de la pièce et échanges avec les experts, c'est l'hypothèse la plus vraisemblable ».

 

CLASSEMENT

Positions du 21/11 à 16 heures : 1.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 20 989 milles de la ligne d’arrivée; 2.François Gabart (Macif) à 41,7 milles du leader; 3.Bernard Stamm (Cheminées-Poujoulat) à 46,4 m; 4.Vincent Riou (PRB) à 46,5 m; 5.Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) à 55,4 m: 6.Alex Thomson (Hugo Boss) à 65,9 m; 7.Mike Golding (Gamesa) à 187,2 m; 8.Jean Le Cam (SynerCiel) à 199,5 m; 9.Dominique Wavre (Mirabaud) à 218,2 m; 10.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 289,1 m; 11.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 431,7 m; 12.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 508,6 m; 13.Tanguy de Lamotte (Initiatives-coeur) à 523 m; 14.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 921,9 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa).
 



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