Vendée Globe
Au cœur de la course

Vers une nouvelle hécatombe ?

Le tapage médiatique autour des quatre abandons en une semaine ferait presque oublier que finir l'Everest des mers est un exploit.


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Et de quatre. En annonçant son démâtage jeudi soir à la direction de course du Vendée Globe, Samantha Davies (Savéol) est devenue le quatrième marin en moins d'une semaine à devoir renoncer à la course.

Avant elle, c'est Marc Guillemot (Safran) qui a dû abandonner quelques heures après le départ suite à la perte de sa quille, Kito de Pavant (Groupe Bel) qui a dû renoncer lundi suite à une collision avec un chalutier. Dans la nuit de mardi à mercredi, le benjamin de la course, Louis Burton (Bureau Vallée) a lui aussi percuté un chalutier. Le marin a d'abord tenté de rentrer aux Sables d'Olonne pour réparer et repartir avant de devoir jeter à son tour l'éponge vendredi matin.

Traditionnellement, la statistique veut qu'il y ait 50 % d'abandon sur un Vendée Globe mais le cru 2012 est d'ores et déjà parti sur les bases de l'édition 2008 qui avait été une hécatombe avec 11 marins à l'arrivée sur 30 au départ. Il y a quatre ans, à ce stade de la course, 4 marins sur 30 avaient déjà abandonné: Kito de Pavant, Alex Thomson, Marc Thiercelin et Yannick Bestaven.

«La casse fait partie de la course»

Six ou sept concurrents à l'arrivée aux Sables d'Olonne en février prochain seraient du plus mauvais effet pour la course qui a réussi à réunir un beau plateau de marins malgré la crise économique. «Il est important pour nous qu'il y ait beaucoup de bateaux à l'arrivée», affirme Denis Horeau, le directeur de course. Pas d'objectif chiffré et officiellement pas d'inquiétude non plus.

Il est vrai que la première semaine de course a été particulièrement éprouvante pour les bateaux et que les jours à venir en approche de l'Équateur devraient être plus cléments. «La casse fait partie de la course, explique Denis Horeau. Il ne faut pas qu'il y en ait trop mais aujourd'hui nous ne sommes pas dans une spirale inflationniste». Le directeur de course met à part les deux collisions, «des cas rarissimes sur le Vendée Globe», et relativise également les deux cas d'abandon pour casse: «Pour aller vite, il faut être léger et donc travailler la légèreté des appendices: quille ou mât, explique-t-il. Il faut trouver le bon équilibre entre la fiabilité et la légèreté mais l'équilibre est fragile et parfois les bateaux cassent».

Du côté des marins, on ne faisait pas grand cas non plus de ces abandons. «Le démâtage de Samantha Davies est arrivé dans des conditions violentes et c'est vraiment dommage, expliquait Dominique Wavre (Mirabaud) joint par le Figaro. Les deux collisions sont des questions de système de repérage AIS que les pêcheurs devraient avoir lorsqu'ils sont en route mais ça reste très aléatoire. Ça fait effectivement beaucoup de collisions mais statistiquement on est dans quelque chose d'assez normal».

«Course par élimination»

Pour ne pas rééditer le scénario de 2008 - une descente de l'Atlantique tambour battant comme en régate puis une hécatombe dans le Grand sud - les marins vont néanmoins devoir lever le pied à l'entrée de l'Océan indien. «Les choses sérieuses commencent vraiment avec l'entrée dans l'Indien et la première dépression après le Cap de Bonne Espérance, explique Sébastien Josse, skipper du Mod 70 Groupe Edmond de Rothschild et participant malheureux de l'édition 2008.Il peut y avoir de la casse dans l'Océan Indien qui se caractérise par une mer très formée et très dure. Les bateaux qui tiennent le coup sont tellement sollicités qu'il peuvent ensuite casser dans le Pacifique et même encore ensuite lors de la remontée de l'Atlantique. Le Vendée Globe est une course par élimination».

Une course par élimination et un Everest pour tout marin qui s'y confronte. «La route est longue et ce sera déjà un exploit de terminer», rappelait jeudi Armel Le Cléac'h.

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