Vendée Globe
Au cœur de la course

Gautier : « Deux collisions, c'est anormal »

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INTERVIEW Le vainqueur du Vendée Globe 1992-1993, devenu responsable de la sécurité, s'alarme des carambolages avec des chalutiers vécus par Kito de Pavant et Louis Burton.


SAILING - VG 2012-2103 - / La Chaîne Météo - Alain Gautier (à gauche) aux côtés de Marc Guillemot et Roland Jourdain (Crédit Olivier Blanchet / DPPI)

Après Kito de Pavant (Groupe Bel), c'est Louis Burton (Bureau Vallée) qui a été percuté par un chalutier, mercredi matin. Le benjamin de la course a décidé de faire route vers les Sables d'Olonnes où il aura jusqu'au 20 Novembre pour réparer. Alain Gautier, vainqueur du Vendée Globe en 1993 est désormais responsable de la sécurité sur la course. Il évoque les évènements de ce début (agité) de tour du monde.

LE FIGARO. - Cinquième jour de course et déjà deux navires percutés par des chalutiers et deux abandons, votre réaction?

Alain GAUTIER. - Il y a déjà une énorme déception pour les deux marins concernés car on prépare un Vendée Globe pendant longtemps. C'est vraiment dur d'abandonner notamment dans ces circonstances. On sait que la voile est un sport exposé au niveau de la casse. On ne se demande jamais pourquoi il y a autant d'abandons dans la première heure des 24 heures du Mans alors que les voitures sont censées tenir 24 heures, car on reste sur l'aspect sportif plutôt que l'aspect technique. Dans la voile, c'est le contraire, car un bateau qui perd sa quille, c'est impressionnant et que les courses sont plus suivies pour le côté aventure que pour le résultat sportif.

Pour se signaler en mer, les bateaux utilisent désormais l'AIS (Automatic Identification System). Est-ce une technologie efficace?

La vigilance de l'homme ne sera jamais remplacée. Il y avait eu deux collisions sur les six dernières éditions et là il y en a deux en quelques jours, c'est anormal. On a déjà fait beaucoup de Vendée Globe et aussi de Solitaire du Figaro, où 50 bateaux naviguent l'été dans des zones avec énormément de monde, sans AIS et sans avoir de problème. Il faut se dire que l'AIS n'est pas l'arme efficace à 100%. Comme en voiture il y a des angles morts donc il faut surveiller, tout comme le radar, même si a priori Louis Burton avait le sien, ce qui n'était pas forcément le cas de Kito de Pavant d'après ce qu'on a su. On a déjà aujourd'hui du matériel très performant mais il faut quelqu'un devant l'écran pour voir le signal. Si on mettait une alarme, dans des zones où il y a beaucoup de trafic ça sonnerait sans cesse. La technologie, aujourd'hui, elle existe mais il faut toujours un homme pour la maîtriser. C'est le point noir du solitaire, il ne peut pas faire une veille constante. Il faut aussi se demander si l'AIS ne rend pas les skippers trop sereins mais peut-être sommes nous simplement sur une loi des séries car rentrer dans un autre bateau reste tout de même extrêmement rare.

Serait-il possible d'adapter le parcours pour qu'il soit moins risqué?

C'est une idée. On va bien sûr débriefer avec l'équipe d'organisation à la fin du Vendée Globe comme on le fait à chaque fois. Je pense qu'il y a de la compétence que ce soit dans l'équipe d'organisation ou à l'IMOCA (l'association des monocoques 60 pieds). Mais il ne faut pas faire comme les hommes politiques, c'est-à-dire dès qu'il arrive quelque chose, ils veulent absolument faire une loi pour régler le problème.



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