Vendée Globe
Au cœur de la course

La grande solitude

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Trois mois de mer, en solitaire, sans assistance et sans escale. Tout cela après avoir traversé une période de sollicitation intense sur les pontons des Sables d’Olonne. La rupture est brusque.


Sur l’eau, les skippers seront seuls à bord d’un Imoca de 60 pieds. Ils ne devront donc compter que sur eux-mêmes pour se recoudre la langue en cas d’accident, comme Bertrand de Broc en 1992-1993, ou pour réparer leur mat et finir la course en mangeant des algues, comme Yves Parlier en 2000-2001. « Nous nous définissons par nos contacts avec les autres, explique Michel Lejoyeux, professeur en psychiatrie. La manifestation extrême de la solitude est donc le syndrome de désafférentation : la panique voire le délire face à la perte de repère. » Michel Lejoyeux a ainsi eu l’occasion de préparer des patients partant pour le pôle nord. « La solitude demande une préparation, au même titre que la préparation physique, explique-t-il. Le plus important est de ne pas nier cette solitude, de l’anticiper. » Ainsi, Louis Burton, bizuth de cette édition et patron d’une entreprise de communication, a suivi une préparation psychologique depuis le début de l’année.


De jeunes marins, baignés dans un univers de communication intense

 

« Les jeunes marins ont grandi dans un univers très connecté, mais si je me lançais dans une psychologie assez risquée, je dirais qu’ils trouveront eux-mêmes les moyens de s’adapter à la solitude du Vendée Globe, avance le professeur Michel Lejoyeux. Après tout, nous sommes seuls devant un écran. » Les écrans sont justement omniprésents sur les voiliers, les skippers envoient des vidéos, des mails et des messages twitter. Mais Les communications de vive-voix, par satellite, sont très chers et sont donc majoritairement réservées aux médias.


Une aventure collective
 

« Il ne faut pas oublier non plus que le Vendée Globe est une aventure pour le public aussi, tient à souligner Michel Lejoyeux. Nous nous identifions aux skippers et nous partageons partiellement leurs états psychologiques. Suivre le Vendée Globe, c’est aussi s’interroger sur sa propre solitude. Une solitude éminemment romanesque. » Et pour combler la solitude, les skippers emportent des livres et de la musique. Une dizaine d’ouvrages à bord et Jacques Brel dans les oreilles pour Louis Burton, Jack Johnson et Cold Play pour la playlist du meneur, François Gabart.

 

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