Vendée Globe
Au cœur de la course

Kito de Pavant le maudit

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Le skipper de Groupe Bel doit jeter l'éponge prématurément après une collision au large du Cap Finistère.


SAILING-FRANCE-RACE-VENDEE-GLOBE-FILES / La Chaîne Météo - Kito de Pavant: «Je suis allé me coucher au mauvais moment».

C'est un deuxième gros coup dur sur le Vendée Globe. 24 heures après l'abandon de Marc Guillemot du fait d'un problème technique, c'est une autre grande figure de cette course qui doit jeter l'éponge. Kito de Pavant a été heurté lundi matin par un cargo alors qu'il naviguait à 70 milles de Cascais (Portugal) et pointait en 9è position.

Le marin est sain et sauf mais les dégâts à bord sont très importants: le bout-dehors (l'espar à l'avant du monocoque) est arraché et le pont s'est soulevé sur deux mètres. Le marin de Port Camargue a réussi à sécuriser son bateau et faisait route lundi soir vers le Portugal qu'il devait atteindre dans la nuit.

Il était prématuré lundi soir de s'engager sur les raisons du drame, mais selon le témoignage du skipper, le chalutier n'était pas équipé de son système de positionnement et d'identification AIS. Il n'y aurait pas eu non plus d'appel à la VHF: les marins à bord du bateau de pêche devaient eux aussi dormir, ou être en train de travailler à bord sous pilote automatique.

«Je suis allé me coucher au mauvais moment»

«La probabilité pour entrer en collision avec un bateau est super rare, a expliqué Kito de Pavant à la VHF quelques heures après l'accident. Toute la nuit, on a croisé beaucoup de bateaux, des cargos. Notre système AIS marche super bien quand les bateaux sont à 10 milles, l'alarme sonne et ça permet de changer la route du bateau en cas de risque de collision. Le problème, c'est que ceux qui ne sont pas équipés du système, on ne les détecte pas». Car par malchance, le skipper harassé après un début de course mouvementé, était descendu se reposer dans la cabine à ce moment-là.

«Je suis allé me coucher au mauvais moment, racontait-il, effondré. Et même si j'avais été debout, à l'heure où on regarde la météo par exemple, où on est sur l'écran, je ne l'aurai pas vu. Il suffit de 5 minutes». Les collisions dans cette zone de navigation ne sont pas rares: lors de la dernière édition du Vendée Globe, Bernard Stamm avait dû rentrer prématurément aux Sables d'Olonne suite à une collision avec un cargo dans le Golfe de Gascogne. Le britannique Alex Thomson avait quant à lui subi un accident avec un chalutier lors de son convoyage vers la Vendée à quelques jours du départ.

«Battre mon record de durée»

La pilule est amère pour Kito de Pavant qui doit jeter l'éponge cette année au bout de 44 heures de course après avoir déjà abandonné sur la dernière édition après 28 heures sur l'eau du fait d'un démâtage dans le Golfe de Gascogne.

Cette année, le marin ne faisait pas figure de favori mais faisait partie des sérieux outsiders capables de menacer les favoris. Ironie du sort, lors de la vacation de dimanche, le skipper s'était réjoui de son début de navigation sans encombre: «Mon dernier Vendée Globe s'était écourté rapidement, il me reste encore quelques heures pour battre mon record de durée», avait-il déclaré.

Pendant que le malheureux marin faisait route sous voilure réduite vers le Portugal, c'est le jeune skipper François Gabart (Macif) qui menait lundi soir la flotte du Vendée Globe devant Armel Le Cleac'h (Banque Populaire) et Vincent Riou (PRB). La tête de course avait déjà dépassé la latitude de Lisbonne et filait bon train vers les Alizés. Un groupe de cinq bateaux s'est assez nettement détaché à la faveur d'un ralentissement de l'arrière de la flotte. Mais la route est encore longue et plus que jamais semée d'embûches.



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