Vendée Globe
Au cœur de la course

François Gabart, leader à la barre de son rêve

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- / La Chaîne Météo

 «IL Y A JUSTE beaucoup de bonheur à sentir que l'on vit son rêve.» Depuis l'envol, samedi, des Sables-d'Olonne, François Gabart n'a cessé d'exposer cette joie sans taches à larguer enfin les amarres. Marsupilami bondissant de bateau en bateau, son énergie tranchait avec la retenue professionnelle ou les émotions ravalées des autres skippers. Quelques heures seulement après son départ trop précoce, sans doute par excès d'adrénaline, il envoyait déjà une vidéo du golfe de Gascogne à la nuit tombante. Cheveux blonds détrempés, le sourire éternel et quelques mots pour remercier la foule (300 000 spectateurs) adorative du matin.

 

Ne vous trompez pas. François Gabart ne joue pas la carte de l'image. Il n'en aurait plus besoin, tant son visage angevin a servi de modèle à cette édition dans les médias depuis plusieurs semaines. Jeune, 29 ans. Talentueux, champion de France de course au large en solitaire en 2010. Brillant, ingénieur en sciences appliquées. Qu'il caracole devant après 24 heures de course ne surprend personne. Donné parmi les favoris, le fils prodige a été le seul de la jeune génération à convaincre un sponsor, Macif, qui l'avait soutenu en classe Figaro, à entreprendre la construction d'un 60-pieds.

 

Avec l'aide de Mer Agitée, l'écurie de Michel Desjoyeaux qui l'a pris sous son aile, il a plongé entièrement dans cette aventure technologique. «Tu deviens pour toujours responsable de ce que tu as apprivoisé.» Ce n'est pas une rose sur la planète B612 que ce «petit prince» a apprivoisée, mais une bête de puissance, monture de son rêve sur Terre. «On m'a demandé si cela n'arrivait pas trop tôt. Le Vendée Globe ne représente pas la même chose pour tous les jeunes de ma génération. Personnellement, j'aime la technique des bateaux, et nos bateaux sont exceptionnels. Je suis fier du travail réalisé avec mon équipe.»

 

Pas d'amortisseurs

Ces machines du dernier cru présentent une carène élargie à l'avant. Elles tapent plus qu'elles ne fendent la mer, comme des 4 × 4 privés d'amortisseurs. François Gabart dit «sentir bien» la sienne, «l'aimer», après déjà 20 000 milles parcourus, un peu moins que le parcours promis par le Vendée Globe. «J'ai une formation d'ingénieur, très cartésienne, très méthodique à terre. Sur le bateau, je mets parfois cela de côté pour laisser parler mes sensations. La voile permet ses extrémités, j'adore ce mélange.» Un sens marin qui s'est affirmé aux côtés de Kito de Pavant (2e Transat Jacques Vabre 2009) et de Michel Desjoyeaux (Barcelona World Race, abandon).

 

Là, il se jauge seul sur ce tour du monde extrême, dans ce Grand Sud qui le «fascine». «J'aime la mer, la voile. Mais il y a quelque chose de plus fort qui m'attire vers cette course. Je n'essaierai pas de l'expliquer. Peut-être trouverais-je les raisons sur cette course?», confiait-il aux Sables, racontant qu'au magasin de ses souvenirs trônaient des photos, des livres et la victoire «de Monsieur Gautier» en 1993. À l'heure d'affronter la réalité de son rêve, il revendique «des doutes, des interrogations et heureusement! Et quand je reviendrai, j'en aurais encore». Et ce jour-là, s'il franchissait la ligne d'arrivée en premier, il deviendrait sans doute le plus jeune vainqueur d'un Vendée Globe. Détrônant de quelques mois «Monsieur (Alain) Gautier».

 

Message de la nuit de François Gabart:

 

"Bon j'avoue le soleil s'est déjà levé. Donc ce n'est plus un message de la nuit mais parait-il qu'il vaut "mieux tard que jamais" donc voilà 2-3 petits mots de Macif. Tout va bien. Ca glisse bien. Grosses vagues, pas mal de vent, jusqu'à 30nds ce matin. On porte pas mal de toile donc il faut faire attention.

 

J'ai pu me reposer une bonne partie de la nuit, c'est parfait. De toute façon la nuit est très noire, donc cela ne sert pas à grand chose d'essayer de barrer, le pilote s'en sort très bien.

 

A priori encore du portant pour au moins 24h, tant mieux! Je suis au large de Lisbonne. Cela me rappelle les bons souvenirs de l'étape à Cascais sur le Warm'Up au printemps. Mais ce n'est pas le moment de s'arrêter. On a 24 000Mn devant nous."



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