Vendée Globe
Au cœur de la course

Jean-Pierre Dick, l'hédoniste qui peut gagner

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SAILING - PRE-VG 2012-2013 - VIRBAC PAPREC - AERIAL VIEW / La Chaîne Météo

Il a tout fait pour que ce Vendée Globe soit le bon. Jean-Pierre Dick prend le départ de son troisième tour du monde en solitaire à l'issue d'une campagne de préparation herculéenne. Elle l'a conduit, en deux ans et demi, à mettre son bateau à l'eau en Nouvelle-Zélande et à le convoyer sur un demi-tour du monde pour l'apprivoiser au large, à gagner la Barcelona World Race, le tour du monde en double, aux côtés de Loïc Peyron, et à remporter la Transat Jacques Vabre avec Jérémie Beyou comme coéquipier. Suivi par deux partenaires - Virbac et Paprec - depuis 8 ans, un facteur important de stabilité et donc de force à l'aube d'un tour du monde en solitaire, Jean-Pierre Dick dispose également de l'un des meilleurs bateaux de la flotte: un plan Verdier de toute dernière génération, sistership des bateaux d'Armel Le Cléac'h et de François Gabart. Tous ces ingrédients font de lui un redoutable prétendant au podium de ce Vendée Globe. Ajoutez un cela une réputation de dur au mal et un mental à toute épreuve, et Dick pourrait bien surprendre tout le monde aux Sables-d'Olonne dans 80 jours ou plus.

 

Car avant d'être surveillé de près par ses adversaires, ce gentleman navigateur originaire de Nice a d'abord suscité le scepticisme dans le cénacle très fermé des coureurs au large. Vétérinaire de formation, diplômé du prestigieux MBA d'HEC, le marin, qui naviguait depuis de nombreuses années à haut niveau en équipage, s'est lancé sur le tard dans l'aventure océanique en solitaire. Ses débuts difficiles se sont soldés par un démâtage sur sa première Route du rhum en 2002. Mais son profil de manager va lui permettre de monter autour de lui une véritable entreprise au service de la victoire. Il termine son premier Vendée Globe (2005) en 6e position, à l'issue d'un tour du monde passé la trousse à outils sur le pont, et s'attire le respect de tous pour sa ténacité. En 2008, le marin est prêt sportivement, mais il abandonne dans le Grand Sud alors qu'il est en tête de la course. Manque de chance ou juste de ce petit rien qui fait basculer vers la victoire? «Je suis parti avec un petit complexe d'infériorité, explique-t-il. Il faut dire qu'il y avait des monstres sacrés sur la ligne de départ (NDLR: Desjoyeaux, Peyron). Mais, maintenant, je sais que je peux battre n'importe qui.»

 

Le marin de 47 ans semble aujourd'hui arrivé mentalement à maturité. «J'ai toujours abordé la course comme une entreprise, mais avec un aspect laborieux, explique-t-il. Pour réussir, il fallait se faire mal. Mon regard sur les choses a changé: le modèle qui consiste à s'exténuer pour réussir est contre-productif. J'ai appris à prendre du plaisir sur l'eau.» Le modèle de son père parti trop tôt après une vie de dur labeur joue sans doute. Du coup, à quelques heures du départ, Jean-Pierre Dick parlait autant des «albatros dans le Grand Sud», de «cette nature sauvage magnifique» qu'il va rencontrer, que de compétition. Une manière sans doute aussi de cacher ce désir profond de victoire qu'il a en lui: «Ce Vendée Globe, c'est dix ans de ma vie, confie-t-il. J'ai tout donné pour en arriver là.»



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