Vendée Globe
Au cœur de la course

Vincent Riou, avec la même énergie

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PORTRAIT : La quarantaine grisante, Vincent Riou (PRB) embarque pour son troisième Vendée Globe. Vainqueur en 2005, malheureux il y a quatre ans, il vient cette fois-ci encore pour la gagne avec un bateau solide comme son caractère.


Crédits photo : Julien Girardot/Sea&Co/prb

Voici donc un nouveau saut dans les vagues qui bercent sa carcasse depuis déjà longtemps. A 18 ans, le bout en train déterminé a arrêté l’école. Ce qui a bien énervé ses parents. Quitter Pont-l’Abbé pour s’installer à Concarneau, c’est encore plus se rapprocher de l’océan et vivre de la mer comme son marin-pêcheur de grand-père. C’est aussi faire la fête sans modération. Le Bigouden y obtient un contrat de qualification aux Glénans alors qu’il fait toujours partie de l’équipe du Finistère de Laser. Après son service militaire à l’école navale, il se lance dans le petit monde des solitaires.


Une époque rude et heureuse à la fois pour Vincent Riou. Avec les moyens du bord : « J’intègre rapidement le Pôle Finistère de Port-la-Forêt. Je travaillais en parallèle au chantier Pichavant de Pont-l’Abbé. Des bizuths de l’époque comme moi s’appellent Jérémie Beyou ou Yann Éliès. Je me souviens que pour notre première Solitaire du Figaro, avec Yann, on a foiré notre départ à Arcachon car on avait un peu trop fait la foire avant. En trois saisons, en galérant côté sponsors, mais résultats étaient décevants ».


Sortir du lot


La troisième année, alors qu’il vient enfin de dégoter un partenaire pour faire une saison complète, Michel Desjoyeaux l’appelle le lendemain pour l’intéger sur son projet Vendée Globe. « J’avais le profil qu’il recherchait. Un navigant technicien. L’histoire avec PRB venait de commencer. Je deviens leur skipper en 2002 en Figaro, en finissant troisième du championnat avec une quatrième place sur la Solitaire. Après avoir ramer avec trois balles dix ronds, je venais de sortir du lot », explique-t-il avec le sourire.
S’ensuit naturellement sa carrière de skipper des 60 pieds de sa deuxième famille, l’entreprise PRB. Avec pour premier fait d’armes, un succès au Vendée Globe devant les moustaches de Jean Le Cam lui offrant le titre de marin de l’année 2005. Troisième sur tapis vert lors de la précédente édition, il avait démâté alors qu’il venait de secourir Jean Le Cam, Vincent Riou part cette fois avec un bateau à son image.


Léger et solide


Un engin de caractère : « Oui je suis chiant dans le boulot, mais c’est le prix à payer pour être au départ dans des bonnes conditions. J’ai rendu dingues ceux qui l’ont construit. En termes de qualité, je pense que l’on n’est jamais allé aussi loin pour un IMOCA. C’était d’autant plus dur que l’on n’était pas richissime. C’est un très beau bateau avec lequel je n’aurai pas a bourriner comme un âne pour aller vite. Comme il n’y a pas d’équivalent sur le plateau, je ne suis pas inquiet. Je le connais bien mais je vais enfin le découvrir dans le cadre pour lequel il a été conçu. A l’intérieur, ce n’est pas une piste de danse comme dans certains. Cela a l’avantage que tout est à portée de main. Un petit cockpit, un petit roof, des petits winchs, cela permet d’avoir un bateau plus léger sans rogner sur sa solidité. Il est vraiment typé solitaire ».


L’énergie est peut-être différente cette fois-ci. Faire le Vendée Globe une troisième fois n’est pas trop compliqué car ce n’est jamais la même chose. Il se persuade que si faute il y a, elle ne viendra pas de lui. « Je ne pense pas avoir vécu d’échec personnel. J’ai surtout vécu des merdes indépendantes de ma volonté. C’est le jeu de notre métier. J’ai démâté trois fois. La première, l’ingénieur s’était trompé dans ses calculs. La deuxième, le constructeur avait laissé des films plastiques dedans. Depuis, d’ailleurs, les règles de classe nous obligent à vérifier nos mâts tous les ans. Et la troisième fois, j’ai tamponné un bateau qui était à l’envers au cap Horn », conclut le Breton.
Dans l’épopée du Vendée Globe, Vincent Riou a donc vécu joies et désillusions. Partant vers un scénario, une histoire dont il n’a aucune idée, le Finistérien va revivre des moments dont il rêvait gamin. Avec détermination.

 



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