Vendée Globe
Au cœur de la course

Alessandro Di Benedetto, un rêve éveillé

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PORTRAIT : L’Italo-Français est l’aventurier de ce Vendée Globe. Alessandro Di Benedetto (Team Plastique), déjà tourdumondiste mais sur une coquille de noix, part le cœur vaillant sans objectif de résultat.


Crédits photo : DPPI/Olivier Blanchet

Tous les marins italiens ne sont pas génois. De maman française, Alessandro Di Benedetto fait lui partie du clan des Siciliens. Il en a la parole éruptive avec les mains en prolongement d’une langue toujours active. Et des histoires de marin, il en a à revendre. Il y a bien sûr l’enfance et l’inévitable Optimist, le Laser et les catamarans de sport pour des envolées en famille.


A 21 ans, alors qu’il débute son cursus d’ingénieur en géologie à Palerme, s’impose la première bravade. Traverser l’Atlantique depuis leur île, avec son père, sur un Hobie Cat. Dès lors, à l’issue de cette expédition réussie après moult péripéties, il n’a de cesse de tracer de nouveaux sillages. Entre ses missions pour un groupe pétrolier ou comme opérateur en archéologie sous-marine, il établi des records du monde en solitaire. Toujours sur un petit catamaran. L’Atlantique en 2002 et le Pacifique en 2006 sont les révélateurs d’un autre grand rêve. Un tour du monde sans escale sur le plus petit bateau de l’histoire à l’avoir accompli. Un vieux 6.50 en bois/époxy lancé sur le parcours du Vendée Globe. Il fait maintenant partie des bateaux de légende qui ont marqué l’histoire de la circumnavigation comme le Joshua de Bernard Moitessier ou le Spray de Joshua Slocum.


Rencontre


Son histoire incroyable qu’il a depuis narrée dans un magnifique ouvrage, a déclenché l’aventure dans laquelle il est maintenant embarqué : « A mon retour, le 22 juillet 2010, après 268 jours de solitude, j’étais au restaurant quand tout à coup, arrive du champagne. C’était un cadeau discret de Didier Elin, le patron de la société Team Plastique spécialisée dans le thermoformage. Sablais d’adoption, il avait toujours rêvé de participer d’une façon ou d’une autre au Vendée Globe. Nous nous sommes rencontrés quelques semaines plus tard au Grand Pavois. Didier a mis de son argent personnel dans l’aventure. D’autres sociétés nous ont suivi. L’Océane des Plastic, Germay Plastic et JSP. Nous avons acheté l’ancien Akena d’Arnaud Boissières en mai 2011 », explique le skipper de 41 ans.


Humain


L’Italien n’a pas de botte secrète. Son plan Finot-Conq de 98 est tout juste côté à l’argus. Il envie néanmoins ses coreligionnaires qui l’ont affectueusement accueilli : « Nous avons le plus petit budget de l’épreuve. Cela a pris une ampleur positive pour tout le monde. Parfois c’est fatigant. Mais ce sont des moments intenses, une magie où l’on dort, rêve, mange et boit Vendée Globe. Les bateaux neufs sont des monstres. Comme des planches à voile de 18, 28 m. Au portant, celui de Sanso ne surfe pas, il plane. Le mien, l’un des plus vieux, est le seul à avoir une quille fixe. Le mât le plus petit. Mais il est éprouvé. Il a 25% de puissance en moins. Quand eux passeront le cap Horn, j’espère avoir terminé l’océan Indien ». Pour Alessandro Di Benedetto, cette plongée unique dans le monde de la course au large ne lui a pas fait perdre sa philosophie. Il reste avant tout un humain : « Il ne faut pas être un solitaire, un ours dans la vie à terre pour partir en mer. Il y a beaucoup de fantasmes de ce point de vue-là. Il n’y a qu’à croiser un Monsieur comme Jean-Luc Van Den Heede pour s’en convaincre. Quant à l’épreuve, les traversées ou les courses en mer sont souvent extrêmes. On le voit également dans tout métier de marin. Un problème sur l’eau peut rapidement devenir une tragédie. Il faut donc faire très attention. Pour un classement, alors que sa vie n’est pas en jeu, il ne faut pas dépasser ses limites ».
Les rencontres avec les animaux dans le grand Sud comme les dauphins taquins ou les albatros, les couleurs, les ciels changeant incessamment, les étoiles. Voilà le coffre fort comme il dit, dans lequel il a hâte de replonger. Pour un rêve éveillé.

 



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