Vendée Globe
Au cœur de la course

Samantha Davies : «L'expérience n'a pas de prix»

Quatrième lors du dernier Vendée Globe, la Britannique Sam Davies repartira samedi 10 novembre forte de sa première boucle. Mais consciente d'être moins bien armée que d'autres concurrents.


SAILING - PRE-VG 2012-2013 - SAVEOL / La Chaîne Météo - Samantha Davies: «Être là, prête à partir, c'est déjà une victoire».

Dans son monocoque Savéol, une coccinelle a rejoint Foxy le flamand rose et Lucky Duck, ses premières mascottes. Samantha Davies n'a rien perdu de son généreux sourire, mais a gagné en gravité. Malgré sa grande performance sur le dernier Vendée Globe (4e), elle a dû lutter deux ans durant avant de trouver un budget raisonnable pour repartir. Entre les deux tours du monde, la Britannique, bretonne d'adoption depuis 2003, a donné naissance à Ruben. Deux mois après, elle reprenait l'entraînement physique puis la navigation fin 2011.

Figaro Nautisme.-Abordez-vous cette édition de façon différente par rapport à votre première participation en 2008?

Samantha Davies.- L'expérience est un avantage que l'on ne peut acheter. Et pour ceux qui ont fini le tour du monde, cela n'a vraiment pas de prix. Là, j'ai eu moins de temps pour me préparer et moins de milles sur ce bateau. Mais je suis aussi sereine qu'en 2008. Et j'ai retrouvé la même envie, la même hâte d'y retourner.

Votre performance en 2008 a été remarquable. Avec le recul, vous êtes-vous surprise?

Quand j'ai passé le cap Horn, je me suis dit: «je l'ai fait!» Et j'étais très fière de moi car c'était la première fois. J'avais failli franchir le Horn avec l'équipage féminin de Shirley Robertson sur notre tentative de record de tour du monde en 1998. Mais nous avions démâté dans le Pacifique. Je savais que je pouvais le faire. Mais je ne savais pas quel rythme je pouvais avoir. C'est marrant, on a tendance à ne garder que les bons souvenirs. Mais je ne veux pas tomber dans le piège de croire que ce sera la même histoire. L'expérience était très riche mais je sais que tout peut arriver.

Etre maman change-t-il quelque chose à votre approche de la course?

Non! Il faut toujours être à fond dans un projet comme celui là. Si cela avait dû changer mon engagement, je ne l'aurais pas fait. Je ne fais pas le Vendée Globe pour faire un tour du monde mais pour réaliser une performance. Après, côté organisation, je me suis entourée de gens pour la logistique, le ravitaillement. Et puis, avoir un bébé, ça oblige à avoir des pauses et c'est une bonne chose.

Votre bateau est l'ancien de Roland Jourdain sur le Vendée Globe 2004, avec lequel il remporta la Route du Rhum 2006. Vous plaît-il?

Au début de cette année, c'était encore le bateau de «Bilou». J'étais perdue dessus mais fière quand même de pouvoir finir le premier stage à son bord. Seulement, je n'osais pas, je ne voulais pas risquer de casser quelque chose devant tout le monde. J'ai fait une qualification de 1000 milles en juin, avec beaucoup de vent dans le golfe de Gascogne. C'est le seul moment, où j'étais seule pour faire des bêtises (rires)! Et quand je suis rentrée, c'était mon bateau...

Quel objectif vous êtes vous fixé?

J'aurais aimé être parmi les favoris... Mais je n'ai pas la même machine que certains, je dispose du troisième plus vieux bateau de la flotte. Par contre, il est solide, c'est bien pour les battements de coeur! Et j'aurais moins de pression sur la ligne de départ. Je souhaiterais juste faire une belle course. Car être là, prête à partir, c'est déjà une victoire.



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