Vendée Globe
Au cœur de la course

Pavant, des usines en plein champ aux vastes océans

Le Vendée Globe est l'occasion de partager l'aventure avec les sponsors. L'envers d'un partenariat avec le groupe Bel.


La Chaîne Météo

«ENCHANTÉ de serrer la main d'un aventurier!» Salarié de l'usine Bel de Sablé-sur-Sarthe, Fabien s'est glissé vers Kito de Pavant. Le skipper, dont le monocoque 60 pieds porte le nom du groupe fromager, visite le plus important site national de production. Il fait partie d'une tournée à travers la France qui a duré deux semaines jusqu'à fin septembre. Avant que le compte à rebours ne s'accélère jusqu'au départ le 10 novembre du Vendée Globe des Sables-d'Olonne.

«Le projet avec Bel a démarré en 2005, en Figaro puis en 60 pieds. On s'était donné trois ans pour voir comment ce partenariat était perçu en interne», raconte le navigateur entre deux autographes, petits mots, questions-réponses avec les ouvriers qui passent au réfectoire. Au menu du jour, une «spéciale choucroute Kito de Pavant». «La première visite d'usine que j'ai faite a eu lieu ici, à Sablé, en mars 2006, dans ce même lieu. Je venais présenter la Transat AG2R que personne ne connaissait. C'est l'année où je la gagne. Le projet a pris de l'ampleur.»

Depuis six ans, le Méditerranéen troque ainsi les côtes maritimes pour les usines en plein champs. Sa transhumance l'a emmené à travers l'Europe, en Afrique, au Proche-Orient, aux États-Unis, dans les Caraïbes. «À chaque fois, l'accueil est extraordinaire. Ils n'ont pas de fascination pour la course, mais ils nous prennent, nous les marins seuls sur nos bateaux, pour des extraterrestres!», sourit Kito de Pavant. Il aurait rencontré près de 9 000 des 11 400 collaborateurs du groupe. Et sur son mât, 8 500 empreintes de pouce témoignent du lien créé avec le marin. «Les gens râlent parfois, mais il y a de la fierté aussi. Surtout, quand ils ont un contact avec la personne et le bateau», assure celui qui a embarqué quelque 900 salariés du monde entier.

 

Rencontrer et partager

Chaque site a ses «ambassadeurs», qui relaient les faits de course du skipper. Alain, désormais retraité, est l'un d'entre eux. Passionné de football, il s'est reconverti en fan de voile. Maryse s'est également portée volontaire quand, en 2007, elle a «flashé sur la maquette du bateau. Depuis, j'apprends plein de choses. J'ai eu la chance de naviguer sur le 60 pieds. On s'aperçoit que Kito fait un vrai métier, et qu'il n'est pas facile.» Vendée Globe 2008, le premier de Kito de Pavant. 28 heures après le départ, dans le golfe de Gascogne, il démâte. Des salariés de Sablé partent dans la nuit pour accueillir le skipper à son retour douloureux aux Sables-d'Olonne. «C'était un coup de massue... On est partis à trois heures du matin pour la Vendée. Ça faisait mal de le voir pleurer», se rappelle Maryse. «On a pris l'habitude de vivre la réussite et l'échec ensemble», glisse le skipper.

Cet envers d'un partenariat pourrait peser lourd en organisation, en temps sacrifié à la préparation sportive. «Cela n'a jamais été une question. Faire entrer un 60 pieds dans certains pays exige parfois une logistique importante et peut susciter quelques galères. Mais c'est tellement riche», assure le bourlingueur des mers. «Dans ma vie de marin, c'est toujours ça qui m'a attiré: les voyages dans des endroits où l'on n'a pas l'habitude d'aller, les rencontres avec les gens, le partage.»

La raison d'être de ce partenariat. Et même si Kito a eu son lot de casses depuis quatre ans, il s'est inscrit sur la durée, jusqu'à la fin de ce Vendée Globe. «Il devait s'arrêter en 2010, c'est déjà une chance d'être au départ», souligne le skipper. Alors pour parachever l'aventure commune, il s'est fixé un objectif clair: «Finir. Quitte à oublier la volonté d'attaquer. Le bateau est plus rapide et plus fiable qu'en 2008. Mais un choc avec une baleine peut dézinguer ce travail en quelques secondes. Cette course demande beaucoup d'humilité.»

Tony est l'un de ses guides dans les entrailles du site. Comme une cinquantaine de salariés de Sablé, il sera du voyage aux Sables-d'Olonne. Volontaire pour gratter la carène du monocoque Bel, avant le départ. Alors que débute la dernière semaine avant le coup d'envoi de cette course unique, ils se compteront par milliers comme lui, salariés d'entreprises, moyennes ou grosses, à venir encourager «leur» marin, toucher à une part de son rêve.



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