Vendée Globe
Au cœur de la course

Bernard Stamm, la voile sacerdotale

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PORTRAIT : Pour son troisième départ depuis les Sables-d’Olonne, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) n’y va pas sans ambages, il est là pour gagner.


Crédits photo : ThMartinez/Sea&Co

Il y a des forêts vaudoises où l’on ne se taille pas qu’une réputation, sinon en dents de scie. Avec en clin d’œil un passage en case prison après avoir toisé la police à motocyclette. Il y eut aussi des périples de trimardeur autour de la planète cargo, des convoyages tous également bien alambiqués, des constructions de ses propres bateaux parfois à l’emporte-pièce et dans la précarité. De ces billots de vie, Bernard Stamm garde les ridules du plaisir. Le Genevois de naissance mâtiné Breton est pour la troisième fois au départ de l’incontournable tour du glaçon.


Atypique, le terme est inconsistant, anémique. Pour qualifier l’Helvète devant fêter ses 49 ans en ce mois de novembre 2012, le terrien a beau se gratter les neurones, le verbe manque. Vainqueur par deux fois d’Around Alone, le tour de la planète en solitaire avec escales sur son fier Superbigou, engin construit non pas en usine mais sur une chaîne de solidarité à Lesconil, le marin Suisse respire Vendée Globe depuis maintenant 15 ans. Malheureusement, les ondes de choc ne l’ont guère épargné sur ce parcours aux intentions mal pavées : « Dans mes échecs, j’ai toujours eu la chance de rebondir. Tout cela grâce à des rencontres. Mes amis côtoyés autour du lac Léman dans ma jeunesse comme Marc-Édouard Landolt aujourd’hui disparu, et son frère Pierre, Bertrand Cardis, le dirigeant du chantier qui a construit mon plan Kouyoumdjian sur lequel je vais courir cette édition 2012. Mais aussi la société Poujoulat qui a toujours été solidaire face aux imprévus depuis 2004 ».


Passion dévorante


Le ciré demeure ainsi la camisole sacerdotale de Bernard Stamm. Et il n’a pas pour l’instant l’intention de le déposer dans un écomusée. « Un projet Vendée Globe est très lourd dans tous les sens du terme. Cela demande un budget, le travail d’une équipe complète, de répondre aux attentes du sponsor. Tout cela repose sur les épaules d’une seule personne. Il faut tirer les bonnes énergies de tout cet environnement. C’est certain, c’est une passion dévorante mais j’aime bien et je mesure la chance que j’ai. C’est vrai que c’est contraignant pour Catherine et nos deux filles mais nous avons une vie très riche. Si je voyais que c’était destructeur pour elles, je me poserais la question différemment. Mais tel n’est pas le cas ».


Tenir le choc


Le Suisse a su conserver l’âme de bûcheron de sa jeunesse. Rien de péjoratif. Il mettra toute son énergie dans cette nouvelle aventure : « Je ne suis pas sûr d’avoir fait des choses raisonnables à chaque fois. Je me suis toujours lancé des défis et comme j’aime ça, me voilà reparti. Cette fois-ci, comme j’ai envie de terminer, je vais essayer de gagner la course. Pour la première fois, je ne suis pas propriétaire de mon bateau. La pression est donc différente. Ce projet est des plus cohérents. J’ai donc les armes mais c’est à moi de m’en servir comme il faut ». Il faudra malgré tout dompter le coursier et accepter les éléments avec la même humilité. « Même si je manque de compétition avec mon 60 pieds, je pense bien cerner ses limites. Pour ma part, l’instinct de survie de l’humain sera la mienne. Dans notre fonctionnement, cela nous met nos propres barrières. Cheminées Poujoulat est un bateau dur, mais je pense que tous les autres le sont aussi. Et puis la compétition est devenue plus serrée. Cela complique l’exercice plus sérieusement. Il faut tenir le choc physiquement. Les changements de voiles demandent puissance et endurance. J’ai l’âge de mes os mais je suis prêt physiquement, ne vous inquiétez pas ».
Les vagues grégaires de ces prochaines semaines vont-elles lui concéder cette fois-ci le droit de vaine pâture ? Bernard Stamm le mérite mais répète donc à l’envi que la tâche sera dure pour gagner. Une chose est certaine, il en a la volonté.


 



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