Vendée Globe
Au cœur de la course

Vendée Globe : la der des monstres des mers ?

Six prototypes ont été conçus pour cette 7e édition. Mais après? Le débat vers une monotypie sera tranché en 2013.


- / La Chaîne Météo

LE 10 NOVEMBRE,vingt marins partiront braver les océans à l'assaut du prestigieux Vendée Globe. Dès ce samedi, 13 h 02, on oubliera que leurs montures sont uniques, des prototypes ayant évolué depuis vingt ans. Six ont été spécialement construits pour cette 7e édition. Mais après? Le destin de ces monocoques 60 pieds (18,28 m) est étroitement lié à cette course qui dépasse l'entendement mais dont l'avenir reste suspendu au débat qui agite la classe Imoca. Unanimement, dans le contexte de crise économique qui a vu bien des marins trouver tardivement un sponsor, elle croit en la nécessité de calmer son inclinaison inflationniste. Depuis 1989, le coût d'un bateau neuf pour le Vendée Globe est passé de 450 000 euros à 3,5 millions d'euros. Reste à savoir comment. En décidant d'une monotypie comme l'a fait la Volvo Ocean Race, clament certains. En trouvant une alternative intermédiaire entre l'Open et la monotypie, insistent d'autres.

Depuis l'hiver dernier, c'est le blocus. «La façon dont cela a été géré a manqué de transparence», souligne Marc Guillemot, dont le partenaire, Safran, a un projet de nouveau bateau. «Or, faire un monotype coûte plus cher s'il n'y en a que trois ou quatre au départ. Les chiffres annoncés sont fantaisistes. Un Volvo monotype de 65 pieds coûterait 4,8 millions d'euros mais seulement 2,2 millions pour un monotype Imoca de 62 pieds? C'est hors sujet.»

Dans ce camp, la crainte est de voir la monotypie décalquée sur le profil des skippers. Le Vendée Globe a toujours attiré des professionnels mais aussi des découvreurs. Qui parvenaient à dénicher un 60-pieds d'une autre génération et le sponsor séduit par l'exceptionnel. La monotypie, elle, nivellerait les budgets à une hauteur inaccessible pour beaucoup. «On perdrait toute la particularité de cette course, et son coeur, les PME qui ont participé à l'histoire du Vendée Globe», se désole Guillemot.

«Nous sommes les derniers dinosaures», réplique Jean Le Cam, du parti opposé. «Nos équipes sont trop petites au regard de la complexité de tels projets Open, car on n'a plus la capacité de lever des fonds suffisants. Là où on fonctionne avec 1,5 million d'euros par an, il en faudrait 3. Certes, on va y laisser une partie de notre âme mais le système doit se rationaliser», prolonge le vainqueur 2005, Vincent Riou. Les deux marins font le constat «qu'il n'y a plus de jeunes qui mettent les mains dans la résine». Et sont persuadés que la majorité de la classe se rangera derrière leur point de vue à l'issue du Vendée Globe, pariant sur son lot de casses (en 2008, 36 % de la flotte, soit seulement 11 concurrents sur 30, avait bouclé la boucle, un triste record...).

Un patrimoine unique

Longtemps premier supporteur de la monotypie, Luc Talbourdet, président de l'Imoca, semble s'être rangé derrière les partisans d'une solution intermédiaire. Certains éléments dits sensibles - le mât, la quille et les safrans - pourraient être standardisés tout en laissant une liberté de conception au skipper. «Dans les six mois qui suivent ce Vendée Globe, la classe tranchera», pose-t-il.

L'Imoca vient de signer un partenariat avec OSM, société créée par sir Keith Mills, vice-président des JO de Londres et par ailleurs associé dans la structure d'Alex Thomson, l'un des Britanniques entichés du Vendée Globe. «L'idée est de trouver un partenaire titre qui fasse vivre le circuit au-delà de ses courses majeures, le Vendée Globe et la Barcelona World Race», souligne Luc Talbourdet. Mais OSM peut-elle commencer à vendre une classe sans connaître sa future jauge? «Nos plans ont été caricaturés, mais, à aucun moment, nous avons pensé rayer la flotte existante, qui constitue l'actif de la classe», s'agace son président. Un revirement qui assurerait une plus juste mesure pour la préservation d'un patrimoine unique.



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