Panerai Transat Classique, le journal de Persephone

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Yves Lambert, le skipper du Tina Persephone engagé sur la Transat classique, nous livre ses impressions au milieu de l'océan.


Photo Alexis Courcoux

Comme son nom le suggère, la Panerai Tranat Classique est une course transatlantique. Ceux pour lesquels il s'agit d'une première saisissent assez vite que traverser l'océan en course est une façon très particulière de réaliser un rêve, qu'ils ont souvent en tête depuis leurs premiers bords. La course, et le challenge permanent qu'elle suppose, donne en effet une coloration spécifique à cette aventure, et la distrait un peu de sa finalité première: car aller vite, le plus vite possible, surtout plus vite que les autres, tout le temps, quelque soient les conditions reste la seule priorité, les classements quotidiens un rendez-vous addictif.

Confortablement installé dans un wagon de TGV entre Paris et Lyon côté fenêtre, qui n'a pas décidé, en traversant les paysages sublimes du Morvan, d'y revenir flâner calmement, en prenant son temps pour découvrir chaque village, chaque auberge, chaque petite route, pour rencontrer les gens...?

L'impression, au beau milieu de l'océan, est exactement la même. Bien qu'à 7 ou 8 noeuds de moyenne, tout va trop vite: les levers du jour, on les voit, les couchers de soleil merveilleux aussi, la daurade choryphène péchée le matin et servie dans son assiette à midi, on la mange, les nuits incroyablement étoilées, on les observe.

Mais tout cela mérite plus et mieux... comme une sensation de bâclé, de musée visité à la hâte.

Alors oui, cet Océan Atlantique que nous traversons les yeux rivés à nos compas, nos logiciels de navigation, nos cadrans d'anémomètre ou de speedomètre, cet océan nous lance une invitation ferme à revenir le voir, lui parler, l'écouter, partager... car il pourrait bien nous emmener à son tour dans d'autres voyages essentiels, ceux dont on ne rapporte pas de photos.

Il y a exactement 8 jours, sous spi au petit matin, au sud des Canaries, nous avons doublé un bateau de croisière d'une cinquantaine de pieds; et depuis personne, vraiment plus personne. Son skipper n'a pas eu l'air de nous envier, nous si.

Et si l'océan, comme le désert à pied, ne se livrait vraiment qu'à ceux qui le respectent?

Yves Lambert sur Persephone.



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