Les voiliers de tradition renouent avec le large

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La Panerai Transat classique a largué les amarres le 2 décembre dernier de Cascais, au Portugal, pour mettre le cap sur l'île de la Barbade.


pour la grande photo / La Chaîne Météo

Cet embarquement est une invitation au rêve, celui de propriétaires passionnés de yachting et de voile classique qui n'ont pas voulu abandonner leurs désirs de navigation au large. Douze bateaux de tradition s'affrontent actuellement sur l'Atlantique dans le cadre de la Panerai Transat classique. Cette course, conçue sur mesure pour les propriétaires passionnés, a eu deux départs: un premier à Douarnenez en juillet dernier, un autre à Saint-Tropez en octobre. Les flottes atlantique et méditerranéennes se sont retrouvées à Cascais (Portugal) où a été donné le départ pour la transatlantique vers la Barbade.

Cette course est aujourd'hui la seule épreuve permettant aux bateaux classiques, témoins de l'histoire du yachting, de renouer avec leur vocation hauturière. Et aux marins de réaliser leurs rêves. «Traverser l'océan était un rêve, non pas d'enfant mais d'adulte, quelque chose de concret, qui a du sens, que l'on a envie de réaliser, confiait mercredi Yves Lambert, skipper de Persephone, joint en pleine traversée. Celui-ci ne s'est matérialisé que récemment, grâce à l'existence de cette course, parfaitement adaptée à mon Tina. Le rêve s'est transformé en envie, et puis, une fois la décision prise, en besoin, tout en sachant que ce n'est pas raisonnable, pas le moment, pas... peu importe, c'est irréversible, et c'est exactement ça qu'on attend d'une telle décision. Faire une transat en course sur son bateau, que rêver de mieux?»

Un rêve partagé par Maurice Benzaquen, propriétaire de Cipango. «Comme tout marin, je rêvais de faire une grande traversée océanique. L'occasion était trop belle. Traverser en course apporte un réel stimulant et nous allons tout faire pour naviguer au mieux tout en essayant de bien vivre à bord pour profiter de chaque instant.»

Les voiliers qui participent à cette course sont des témoins rares de l'histoire du yachting et parfois des grandes heures de la course au large. Outre les deux plans Carter, Persephone, sloop bermudien de 1969 de 11,30 m qui a participé à de nombreux Fastnet au spi Ouest-France ou Cowes-Dinard, et Corto, un sloop de 13 mètres de 1970, on retrouve parmi les inscrits White Dolphin, yawl de 20,20 m construit en 1967 sur les plans de Vincenzo Beltrami, The Blue Peter (sloop de 19,65 m), exceptionnel plan Alfred Mylne de 1930 ; Valteam, yawl de 22,25 m de 1965 (Renato Levi), second de la Giraglia en 1966.

Et cette course séduit au-delà du cénacle des heureux propriétaires de voiliers de tradition: on retrouve ainsi sur l'eau deux figures de la course au large, Jacques Caraës et Bruno Jourdren, qui ont, le temps d'une traversée, troqué leurs cirés de compétiteurs pour une aventure différente mais tout aussi enrichissante.

Côté navigation, après un départ de Cascais peu venté, les concurrents sont descendus dans du petit temps vers le nord des îles Selvagem, aux Canaries, point de passage obligé qu'ils ont dû laisser à tribord, avant de descendre assez sud pour toucher un alizé très régulier et éviter les dépressions de l'Atlantique Nord. Inscrite sous le signe de l'aventure en 2008, la Panerai Transat classique est beaucoup plus axée sur la régate cette année. «Six ou sept bateaux sont très motivés et sont venus pour gagner. Ils ont fait de l'aspect sportif une priorité, commente Loic Blanken, directeur général de la course. On assiste à une belle bagarre.»

La lutte s'annonce donc acharnée sur les derniers milles de course. «L'ambiance de cette Panerai Transat classique est exceptionnelle: très grande convivialité, esprit festif et fair-play sur des bateaux somptueux. Le niveau des régatiers est bon. En tout cas, la course est vraiment disputée. Manoeuvres, navigation, tactique, on est à 100 % en course», explique de son côté Yves Lambert. Les premiers bateaux sont attendus samedi à la Barbade, alors que le gros de la flotte devrait arriver avant le 26 décembre. Qui succédera à Stiren, le plan Stephens de 1962, vainqueur de l'édition 2008? Verdict dans quelques jours.



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