Blog de Michel Ulrich

Tasmanie, au-delà du mythe

Vendredi 13 octobre 2017 à 06h31

Au-delà de sa position géographique dans les quarantièmes rugissants et stratégique à la jonction entre l’océan Indien et l’océan Pacifique, voire historique, île découverte par les Hollandais à la recherche d’une route alternative sud-est pour rejoindre Batavia après avoir relâché au Cap, la Tasmanie est fascinante à plus d’un titre et pas seulement pour son Tigre, ou pour son Diable.


Bye Melbourne ! / Michel Ulrich

La navigation à proximité de la Tasmanie n’est pas simple. La côte ouest est inabordable, avec seulement un accès relativement étroit à la baie Macquarie Harbour et au petit port de Strahan. Le détroit de Bass au Nord entre l’Australie et la Tasmanie est difficile à franchir – la course Sydney-Hobart l’affronte sur son débouché Est chaque année. Sans oublier les difficultés aux abords des King Island à l’ouest et Flinders Island (groupe des Furneaux) à l’Est, verrouillant le détroit de Bass.

Une mission de recherche française envoyée en 1791 par Louis XVI à la recherche de Lapérouse, menée par les capitaines Bruny d’Entrecasteaux (frégate La Recherche) et Huon de Kermadec (frégate L’Espérance), a relevé une grande partie de la côte tasmanienne et a laissé son empreinte avec de nombreux noms de lieux à la consonance française.

Anecdotiquement, il existe un lieu étrange en plein milieu du massif montagneux de la côte Ouest : la ville fantôme de Zeehan abandonnée en l’état après l’arrêt de l’extraction minière du cuivre. Tout est en place, même le théatre en bois de 1000 places, lieu de divertissement pour les mineurs et aventuriers du début du 20ème siècle. Désert, isolé dans une nature grandiose et au milieu de nulle part.

Et puis, il y a Hobart ! Port situé au fond d’un entrelacs de bras de mer à l’extrême Sud. Après une présence hollandaise qui en avait fait un havre de paix pour leur navigation autour du globe, les anglais y ont fondé en 1804 une colonie pénitentiaire (Port Arthur), un bagne pour les convicts récalcitrants au moment où ils colonisaient l’Australie.

Hobart cultive avec bonheur son image de port historique et est encore aujourd’hui la base de repli hivernal des opérations antarctiques australiennes (navire Aurora Australis) et jusqu’à très récemment françaises (navire Astrolabe). C’est aussi une destination culturelle, écologique, exclusive, très prisée des australiens, néo-zélandais et autres visiteurs individuels du monde entier.

La visite du MONA (Museum of Old and New Art), musée-fondation privée d’art, est une raison en soi d’aller au bout du monde – à Hobart. Œuvre architecturale récente et importante collection amassée récemment sans contrainte budgétaire par un australien originaire d’Hobart, ce lieu est desservi en vingt minutes par un catamaran – véritable œuvre d’art - depuis le port historique d’Hobart.

 

A lire aussi :

La péninsule du Cape York

Navigation dans le détroit de Bass


SERVICES :
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
BLOG
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction