Blog de Michel Ulrich

Shanghai, ville portuaire entre tradition et commerce

Mercredi 27 septembre 2017 à 16h36

A la suite du traité de Nankin signé en 1842, l’empire chinois a concédé aux nations occidentales une autorisation pour mener des activités de commerce à Shanghai le long du Huangpu, affluent important du Yangtze, pas très loin de son embouchure dans la mer de Chine. C’est le début d’une compétition entre les anglais et les français pour jouir de la zone la plus large sur la rive gauche du Huangpu, pour se mettre à quai ou mouiller et transborder les marchandises. La France s’est installé sur la portion amont de cette zone en occupant une partie de ce qui est devenu le Bund.


Les marais aux alentours de Shanghai / Michel Ulrich

Entre 1860 et 1949, Shanghai a montré un spectacle étonnant, un Babylone du 20ème siècle représentant dans l’imagination occidentale un lieu de style, de débauche et d’intrigue. Un palais des Sept plaisirs y a même existé avant son bombardement par les Japonais en 1937.

Aujourd’hui encore sur le Bund, l’imposant immeuble des Messageries Maritimes (ancêtre de la CGM) est toujours la marque de l’effervescence capitaliste française de l’époque : la Ligne de l’Extrême Orient assurait régulièrement par paquebot le trajet Marseille-Shanghai avec escales à Port Said, Suez, Aden (ou Djibouti), Colombo, Singapour, Hong Kong, jusqu’en 1969 et a vu de nombreux voyageurs tenter l’aventure à Shanghai, surnommé le Paris de l’Orient.

Parmi ces paquebots de ligne mythiques, on peut citer le Maréchal Joffre, le Président Doumer, La Marseillaise, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, sans oublier le Georges Philippar qui a pris feu sur sa route de retour vers Marseille entrainant la mort du journaliste Albert Londres.

Depuis l’origine, le fleuve Huangpu a marqué le développement urbanistique de l’agglomération de Shanghai. Au milieu du 19ème siècle, lorsque les concessions internationales s’implantent sur la rive gauche, les plus remarquables édifices vont rivaliser en matière d’avant-garde architecturale formant le quartier de Puxi. La rive droite va rester une zone de marécages infréquentable jusque dans les années 1980 quand le quartier de Pudong sort de terre, extraordinaire développement encore en cours.

De nos jours, les rives du Huangpu consolident leur vocation maritime avec l’avènement de la plaisance et la montée en capacité des chantiers navals : les prochains porte-containers géants de 22.000 EVP (en anglais TEU) de la CMA-CGM devraient être construits à Shanghai.

Ne refermons pas cette évocation de Shanghai, ville portuaire maritime et fluviale, sans mentionner à proximité, la tradition nautique de la région avec les sites lacustres anciens et les actuels encombrements « navals » provoqués par les dizaines de milliers d’embarcations sillonnant les canaux et les marécages, où tout y est transporté par voie d’eau. Le lac de Tai Hu à une encablure à l’ouest, est avec le Huangpu, une pièce majeure de la navigation dans cet univers fluvio-maritime ancestral.

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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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