Blog de Michel Ulrich

Melbourne, port de la ruée vers l'or

Mardi 20 juin 2017 à 06h34

A la différence des autres ports du littoral australien (Sydney, Adélaïde, Perth) dont la création et l’essor sont de la même époque, Melbourne ne doit pas sa fondation à l’installation des convicts (repris de justice), envoyés d’Angleterre pour consolider la colonisation occidentale.


Michel Ulrich

Melbourne doit son existence à la ruée vers l’or et à l’afflux par bateau de tous les aventuriers venus prospecter entre 1850 et 1880 dans les régions aurifères de Ballarat et de Bendigo dans l’Etat du Victoria.

A Melbourne, l’architecture des bâtiments de l’époque est le vestige de cette prospérité et la partie haute de Collings Street s’appelle toujours le Petit Paris et rassemble les mêmes enseignes du luxe que la Rue du Faubourg St Honoré à Paris.

Balisage audacieux ! / Michel Ulrich

Cette ruée vers l’or a aussi son passé social : c’est à Ballarat que les « bagnards de l’or « se sont révoltés en 1854 contre le joug de l’administration anglaise et les conditions inhumaines des mineurs. Le mouvement syndicaliste australien est né de ces événements !

Au fond de la Port Phillip Bay – à plus de 40 milles de la passe donnant accès au détroit de Bass (Bass Strait), le port de Melbourne est le maillon incontournable du développement de la ville au 19eme siècle. D’abord pour assurer la logistique de l’activité minière avec les nombreux clippers et autres voiliers de charge qui venaient de Californie ou d’Europe, après une traversée de l’océan Indien ou du Pacifique, ou pour d’autres, après avoir contourné le Cap Horn.

Sans oublier que Melbourne est un port déterminant pour l’immigration européenne en Australie la plus récente, avec la ligne maritime régulière Athènes-Melbourne empruntée par de nombreuses familles grecques à bord du paquebot AUSTRALIS en aller simple (62 voyages entre 1965 et 1977).

L’accès au port de Melbourne était très compliqué pour les voiliers qui, après une navigation longue et éreintante au sud de l’océan indien, depuis la précédente escale à Captown, n’évaluaient pas toujours convenablement leur position vraie pour mener leur atterrissage et on dénombre pas moins de 638 naufrages le long des 130 km de la côte du Victoria. En approchant de Melbourne, les marins parlaient d’avoir à enfiler le fil dans le chat de l’aiguille (threading the needle) tant la passe entre Portsea et Queenscliff, est étroite (environ 300 m à marée basse). Pour ceux venant de l’océan Pacifique, plus précisément de la mer de Tasmanie, ce n’était pas mieux de s’aventurer dans le détroit de Bass (entre l’Australie et la Tasmanie).

Melbourne, peut-être plus que Sydney, est la métropole australienne qui a toujours vibré, portée par sa prospérité, par ses découvreurs aventuriers, et aujourd’hui par la place du sport et l’importance de ses universités – un vrai soleil avec son satellite, la Tasmanie !

 

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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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