Blog de Albert Brel

La pratique des sports nautiques pour les enfants

Mardi 15 août 2017 à 16h15

Il y a beaucoup d’idées reçues sur la pratique des sports nautiques, en particulier la voile, pour les enfants. Pour certains, pratiquer trop tôt cela risque de nuire à leur développement physique, et pour d’autres, la pratiquer trop tard c'est perdre leur motivation. Pour en savoir plus, j’ai interrogé le responsable d’un centre de voile FFV (Fédération Française de Voile), le CNR basé sur l’estuaire de la Rance à Saint-Suliac. Ce centre reçoit plus de 500 stagiaires pendant l’année scolaire et donne des cours toute l’année. Pour aller plus loin, j’ai suivi pendant une semaine de stage, trois enfants de 7, 10 et 17 ans, pour recueillir leurs impressions.


Albert Brel

A quel âge peut-on commencer la voile ?

Pour le responsable de la base qui connaît parfaitement ce sujet et le comportement des enfants, le premier point est qu’ils doivent savoir nager et être en bonne condition physique (certificat médical exigé). A partir de là, les enfants, dès l’âge de 7 ans, peuvent pratiquer l’Optimist. Ce bateau, bien connu, leur permet de découvrir la voile et de la pratiquer en étant seul à bord. Le gros intérêt est qu’ils prennent conscience qu’ils ont la responsabilité d’un bateau. C’est un point important pour les enfants timides et réservés mais également pour les intrépides qui comprennent vite qu’il y des règles à respecter. Ce bateau est bien adapté pour l’initiation jusqu’à 10 ans. Au-delà (de 10 à 14 ans), il est réservé à ceux qui souhaitent faire de la compétition. A partir de 10 ans deux possibilités : la planche à voile si l’enfant a une corpulence qui le permet et, là, le moniteur est capable d’en juger ou alors le catamaran. Ce dernier se pratique à deux équipiers et ce sont, bien souvent, des anciens pratiquants de l’Optimist. Reste la planche à voile, beaucoup y viennent après un stage de catamaran ou commencent directement par elle ou font un stage de paddle, un sport qui permet de bien maîtriser l’équilibre. En pratique, pour le responsable de la base, l’Optimist est une bonne école pour les jeunes (7 à 10 ans), le catamaran ou la planche au-delà. Faire du catamaran semble facile au début mais cela devient sportif lorsque l’on veut aller plus loin. Quant à la planche à voile, les débuts sont plus difficiles que sur un catamaran, mais on est plus vite autonome.

Et pour les moins de 7 ans ? Les parents se posent souvent la question. Certains centres de voile, c’est le cas du CNR, organisent un stage dit « Moussaillons » pour les 4 à 7 ans. Celui-ci a pour vocation de faire découvrir le milieu marin. Et, pour les plus de 12 ans qui hésitent entre plusieurs pratiques (planche, dériveur, catamaran, etc.) ? C’est un stage multi-supports qui est organisé. Il permet de découvrir toutes les disciplines.

L’avis des enfants participants

Pour celui de 7 ans, enfant particulièrement intrépide et qui semble n’avoir peur de rien (Optimist), c’est positif. Il est enchanté de ce premier stage et ne demande qu’à en faire un autre. Pour celle de 10 ans (catamaran), timide et réservée, la constatation est identique avec en plus une camaraderie qui s’est établie avec sa coéquipière. Pour l’adolescente de 17 ans (planche à voile) l’analyse est un peu différente du fait qu’elle avait déjà suivi trois stages de catamaran. Elle n’a pas caché que les premières heures ont été difficiles, mais elle a rapidement compris, sur les conseils du moniteur, ce qu’elle devait faire pour maîtriser l’équilibre sur la planche. A partir de là, elle s’est sentie en sécurité. Pour elle qui a la pratique du catamaran, la planche est plus vivante, le fait de glisser tout en étant près de l’eau, d’être maître de son embarcation et d’en assumer la responsabilité sont des plus. En tout cas, elle ne demande qu’à revenir et à se perfectionner. En attendant, elle pratiquera seule la planche sur un plan d’eau abrité. Pour le moniteur, une semaine de stage permet de maitriser les embarcations (Optimist, catamaran, planche) mais, pour être autonome, il faut au minimum deux semaines de stage.

Ce qu’apporte la FFV

A l’issue du stage, le centre agréé délivre un livret de certification des niveaux et expériences, un passeport voile régionalisé pour l’année et une licence nationale FFV. Avec notés sur le livret, le matériel utilisé, le nom du moniteur, la force du vent, les conditions de mer. Il existe 5 niveaux. Le 1 « se déplacer à la voile sur un trajet choisi et encadré par le moniteur », le 2 « atteindre tout point du plan d’eau sur un trajet choisi et encadré par le moniteur », le 3 « évoluer librement dans une zone de navigation surveillée », le 4 « attestation d’expérience d’au moins 120 heures de navigation », le 4 « naviguer en autonomie et choisir sa zone de pratique », le 5 « attestation d’expérience d’au moins 240 heures de navigation », ce niveau permet d’accéder aux formations de moniteur. Il est délivré par un évaluateur N5 FFV. A la fin de ce premier stage, pour les enfants de 7 et 10 qui n’avaient jamais pratiqués, le niveau 1 a été attribué. La jeune fille de 17 ans qui avait déjà pratiquée le catamaran, a obtenu le niveau 2.

Le CNR : une situation géographique exceptionnelle

En premier, l’emplacement géographique. Le centre est situé sur l’estuaire de la Rance à Saint-Suliac classé parmi l’un des plus beaux villages de France. Les bâtiments sont donc au bord de l’eau et un vaste parking permet d’y accéder sans problème. Quant au plan d’eau, au niveau de Saint-Suliac, l’estuaire est grand et il est possible d’y naviguer tout temps. Quel que soit le vent en force et direction, il n’y a jamais de vagues ou de conditions qui empêchent de sortir. La cale de mise à l’eau est longue et en pente douce, idéal pour mettre les embarcations à l’eau. Les deux seuls handicaps sont l’envasement qui rend le sol mou en bout de cale et un affaissement dû à un manque d’entretien (elle dépend de l’agglomération de Saint-Malo).

Le centre est ouvert toute l’année et l’accueil est chaleureux. Son programme d’activités est très étoffé. Il propose des stages (moussaillons, Optimist, catamaran enfant, ado/adulte, planche à voile, multi-supports), des programmes de navigation qui permettent de naviguer le matin, l’après-midi, fin de journée et en soirée y compris de faire des sorties ou des régates d’entreprise. Il y a aussi des navigations en dériveurs (laser) ainsi que des sorties à thèmes en catamaran de sport, kayak et paddle sans oublier les cours personnalisés et la location de différents supports.

Renseignements au 02 99 58 48 80, www.nautisme-saint-suliac.com

 

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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements.
De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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