Crème solaire : du poison chez les poissons

Jeudi 25 mai 2017 à 16h46

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La crème solaire est devenue un indispensable de nos valises, et notre peau nous en remercie ! Cepedant, si elle est un allié de notre santé, elle n'est pas celui de l'environnement. Des récentes études ont montré qu'elle pourrait avoir un impact négatif sur la biodiversité marine. Quand on sait que 25 000 tonnes de crème sont diluées dans les océans chaque année, il est nécessaire de s'interroger.


Barrière de corail @Pixabay

La crème serait dangereuse pour la faune et la flore marine selon de récentes études venant d'un peu partout dans le monde. En cause, les filtres chimiques des crèmes solaires et notamment les nanoparticules de type cinnamate, benzophénone et butyl de paraben.  Ces composés se retrouvent dans la mer lors des baignades ou des douches, par exemple, car les stations d'épuration peinent à les éliminer. Pendant une baignade de 20 minutes, environ 25% des produits chimiques se déversent dans la mer.

En sachant qu'on se baigne généralement plusieurs fois par jour et qu'on renouvelle l'application de la crème solaire après chaque baignade, la quantité de produits chimiques déversée par jour est énorme. Ainsi, 25 000 tonnes d'écran total par an en moyenne sont dissoutes dans la mer et plus de 5000 tonnes sont directement consommées par les espèces marines. Et près de 4000 à 6000 tonnes de crèmes solaires sont diluées chaque année, dans les zones de récifs tropicaux seulement ! 

Une étude suisse a ainsi montré que les filtres chimiques créaient des malformations chez les jeunes polypes et favorisaient le blanchiment des coraux. Cette perte de coloration du corail est due à la disparition d'une algue, la zooxanthelle, avec qui il vit en symbiose. L'algue lui apporte des nutriments nécessaires à son développement et, en échange, celui-ci la protège. Les produits contenus dans les crèmes solaires détruisent cette algue et avec elle, les nutriments essentiels à la survie des coraux. Si la perte de coloration des coraux est un phénomène global, du fait du réchauffement climatique et de l'augmentation de la température des océans, les filtres chimiques de nos protections solaires les rendent malheureusement encore plus fragiles face au phénomène. 

Les filtres chimiques des crèmes solaires auraient également des conséquences négatives chez une autre espèce végétale : les phytoplanctons. Une étude, menée en 2010, a montré que les nanoparticules de dioxyde de titane réagissaient au contact de l'eau et avec l'ensoleillement, pour donner du peroxyde d'oxygène, composé toxique pour ces micro-plantes car il empêche leur développement. Or le phytolanton est un élément clé dans le fonctionnement de la biodiversité marine car il est à la base de la chaîne alimentaire.

Cependant la situation n'est pas pour autant désespérée et vous n'aurez pas à choisir entre votre santé et celle de l'environnement. Aujourd'hui, des crèmes solaires dites " bio" existent. Elles ont l'avantage d'être respecteuses de l'environnement car elles remplaçent les filtres chimiques par des filtres minéraux sans nano-particules. Même si elles sont un peu plus difficiles à appliquer sur la peau, et qu'elle pénètrent moins bien, elles demeurent très efficaces et surtout ne sont pas dangereuses pour l'environnement. A privilégier : les crèmes bio labellisées "sans nano". 

 

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