Surfer à l'ombre de la centrale de Fukushima

Lundi 2 septembre 2013 à 09h15

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L'autorité de sûreté nucléaire japonaise a reconnu des rejets quotidiens d'eau hautement radioactive dans l'océan Pacifique et elle annonce ce lundi prévoir de nouveaux rejets, volontaires cette-fois, d'eau préalablement traitée. Mais ces annonces n'inquiètent pas les surfeurs qui profitent des vagues à seulement 50 kilomètres de la centrale. 


Crédits photo: AFP

Sable blanc, soleil éclatant, vagues imposantes, la plage de Toyoma fournit un cadre idéal aux surfeurs venus de bon matin glisser sur les flots. S'il n'était pas situé à 50 kilomètres de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, ce décor en ferait rêver plus d'un. "C'est sûr qu'on peut paraître un peu cinglé, mais pour nous, l'important, ce sont les vagues!", sourit Yuichiro Kobayashi, en contemplant une trentaine de surfeurs venus s'entraîner malgré des nouvelles inquiétantes.Selon la compagnie gérant le site nucléaire ravagé, Tepco, 300 tonnes d'eau souterraine contaminée s'écoulent chaque jour en mer. 


Une eau sûre d'après les standards japonais


Surfeur depuis une trentaine d'années et militant d'une association de préservation du littoral, Yuchiro Kobayashi remet régulièrement des échantillons de sable et d'eau de mer de la zone à l'Ecole technique supérieure de Fukushima pour analyse. Selon les derniers résultats publiés mi-août, un litre d'eau de mer contenait 2,95 becquerels de césium 137 et 3,27 becquerels de césium 134, soit un taux cumulé de 6,22 becquerels par litre. Les autorités japonaises considèrent donc comme sûre cette eau de baignade où la radioactivité est inférieure à 10 becquerels de césium par litre. "Je m'inquiète, mais pas au point de ne pas surfer", précise Naoto Sakai, 31 ans, qui vient se mesurer sur les vagues au moins trois fois par semaine. "Si je devais m'inquiéter de tout ce que je mange, de là où j'habite, je stresserais trop... j'essaie juste de ne pas trop y penser".

Après avoir été interdite au surf pendant un an après l'accident nucléaire, consécutif à un séisme de magnitude 9 au large de l'archipel et au tsunami qui s'ensuivit, la plage a été de nouveau ouverte en mars 2012. Depuis, les surfeurs sont de retour mais cet ancien bassin de compétitions internationales n'est plus fréquenté que par des habitants du voisinage. La moyenne d'âge a également augmenté car les collégiens et lycéens, autrefois nombreux, ne viennent plus sous les rouleaux.

 

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