À quand des antifoulings moins polluants ?

Mardi 19 février 2013 à 07h39

Les peintures antifouling sont toxiques pour l’environnement. La Directive européenne sur les biocides va restreindre leur usage. Des recherches sont en cours pour élaborer des solutions moins nocives.


Sous licence creative commons : jfgornet

Chaque printemps, c’est la bousculade sur les cales de carénage. Les plaisanciers débarrassent leurs coques des algues et coquillages accumulés avant de passer un bon coup d’antifouling. Depuis la nuit des temps, les navigateurs ont utilisé des substances pour empêcher la prolifération des organismes marins. Certains composés comme l’étain ou le plomb, efficaces mais dangereux pour l’environnement, sont désormais interdits. Les peintures antifouling utilisées aujourd’hui contiennent des substances biocides diffusées par une matrice constituée de polymères non biodégradables. Les biocides sont désormais réglementés par une Directive européenne imposant une autorisation de mise sur le marché, comme pour les médicaments. Les produits de traitement du bois sont parmi les premiers concernés mais les antifoulings vont suivre. « Il va falloir réaliser des tests en laboratoire et monter un dossier administratif très lourd. Un processus qui risque de se répercuter sur le coût des peintures », explique Maxime Delbury, directeur technique chez Nautix.


Des molécules issues des ressources marines


Cette société morbihannaise s’investit dans la recherche sur des revêtements moins polluants. Elle propose d’ores et déjà des antifoulings à relargage contrôlé qui ne s’érodent pas. Bien connus des coureurs au large, ses produits ont été utilisés par plus de la moitié des bateaux du Vendée Globe. Ces dernières années, Nautix a été à l’origine du projet Paintclean, avec le laboratoire de biotechnologie et de chimie marine de l’Université de Bretagne Sud. Ce dernier vise à développer de nouveaux polymères biodégradables et il a été expérimenté en mer avec succès,reste à mettre en œuvre la phase d’industrialisation précédant la commercialisation. Autre piste suivie par Nautix, les biomolécules issues des ressources marines tropicales. Pour limiter leur colonisation par des organismes étrangers, les espèces marines produisent des molécules spécifiques. Le projet BioPainTrop, développé à la Réunion, vise à identifier ces molécules, à les extraire et à les copier. Un gisement considérable qui permettra demain de mettre au point des antifoulings réellement biologiques.

 

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