À la découverte des îles de Larmor-Baden

Vendredi 19 mai 2017 à 15h06

Les îles de Larmor-Baden — Gavrinis, Berder et Er Lannic — attirent chaque année de nombreux visiteurs, pour leurs points de vue sur le Golfe du Morbihan ou leur patrimoine préhistorique.


Wikimedia

Gavrinis, l’un des sites préhistoriques les plus remarquables de France Autrefois rattachée au continent, Gavrinis se dresse désormais à l’entrée du Golfe du Morbihan sur lequel elle offre une vue saisissante, de Berder à l’embouchure du Golfe, en passant par Er Lannic, l’île de la Jument et la presqu’île du Rhuys. Accessible par la mer depuis Larmor-Baden, Port Navalo ou Locmariaquer, l’île de 14,4 hectares, dont une partie appartient au Conseil départemental du Morbihan (le reste étant la propriété d’un particulier), abrite dans sa partie Sud un véritable chef-d’œuvre du néolithique. Érigé il y a plus de 6 000 ans, bien avant Stonehenge, les pyramides d’Égypte ou les Moaïs de l’île de Pâques, le cairn de Gavrinis fait partie des sites préhistoriques les plus remarquables de France. « L’île accueille en moyenne 25 000 visiteurs, entre les vacances de février et celles de la Toussaint », indique Yves Belenfant, le responsable d’exploitation du site. Si l’on peut s’y promener ou s’y baigner, ce qui attire les visiteurs est incontestablement le cairn, un dolmen de seconde génération recouvert de pierres sèches, probablement construit entre 3800 et 4000 avant J.-C. selon une datation récente. Exploré à plusieurs reprises entre le XVIIIe et le XIXe siècle, ce tombeau collectif ouvert, qui pouvait accueillir de cinq à huit dépouilles, se compose d’un dolmen, qui constitue l’ossature du monument, d’un couloir de 14 m de long et d’une chambre funéraire en forme de quadrilatère de 2,5 m sur 2,5 m. Mais ce n’est pas son architecture qui fait la singularité du cairn de Gavrinis. « Ce qui distingue le monument de Gavrinis de tous les dolmens que j’ai vus, c’est que presque toutes les pierres sont sculptées et couvertes de dessins. Ce sont des courbes, des lignes droites, brisées, tracées et combinées de 100 manières différentes… Parmi une multitude de traits, on en distingue un petit nombre que leur régularité et leur disposition singulière pourraient faire ressembler à des caractères d’écriture… Il y a encore des chevrons, des zigzags et bien d’autres traits impossibles à décrire. » C’est en ces termes que l’écrivain et inspecteur des Monuments historiques Prosper Mérimée, qui a contribué à la renommée du site en le visitant en 1835, décrivait le cairn dans ses Notes de voyages dans l’Ouest de la France en 1836. Un avis partagé par Yves Belenfant : « Ce qui fait sa singularité, c’est la profusion et la finesse des gravures ornementales des dalles de son couloir et de sa chambre funéraire. 23 des 29 piliers sont sculptés avec une facture particulière. Les signes sont répétés à outrance. La décoration représente tout le corpus des symboles néolithiques armoricains ». En pénétrant dans l’enceinte de cette imposante architecture de pierres, on découvre en effet des gravures d’une finesse exceptionnelle. « Ces symboles caractéristiques du Néolithique sont difficiles à interpréter. On peut y voir des haches, des crosses, des arcs ou encore des divinités », poursuit le responsable d’exploitation du site. Berder, à la végétation méditerranéenne Petite île privée de 23 hectares accessible aux visiteurs sur sa périphérie, l’île de Berder, connue notamment pour son château et sa tour construite en 1885, fait elle aussi partie des passages obligés lors d’un séjour à Larmor-Baden. Reliée au continent par un gois de 80 mètres de long qui se découvre à marée basse, permettant le passage des véhicules et des piétons, elle offre une superbe vue, au Sud de l’île, sur le courant de « La Jument », le deuxième courant d’Europe en termes de puissance. En empruntant le chemin de 2,6 kilomètres qui fait le tour de l’île, les visiteurs découvrent en outre une végétation de type méditerranéen peu commune dans la région. On peut notamment y observer une belle collection de palmiers et de résineux. Lors des grandes marées, le gois se transforme en rouleaux, offrant un beau spot aux amateurs de freestyle en kayak. Le double cromlec’h d’Er Lannic Les amateurs de sites mégalithiques ne manqueront pas de faire un détour par l’île d’Er Lannic, dont le nom signifie « petite lande » en breton. Située à proximité de la pointe de Penbert à quelques encablures de Gavrinis, l’île, qui dépend de la commune d’Arzon, recèle sur sa face Sud un double cromlec’h (enceinte de pierres levées) composé d’une quarantaine de menhirs datant d’environ 3 500 ans avant notre ère, dont la majeure partie est recouverte à marée haute. Découvert en 1866 par le docteur de Closmadeuc, le site a fait l’objet de plusieurs explorations archéologiques au début du siècle dernier. Mais attention, il est interdit d’y accoster. En effet, Er Lannic, site de nidification pour les goélands bruns et argentés, est également une réserve ornithologique qui bénéficie d’un arrêté de protection du biotope depuis 1982. Ceux qui veulent voir les menhirs de près pourront embarquer sur une vedette assurant des excursions dans le Golfe du Morbihan ou se rendre à Gavrinis. A lire aussi : Les plus belles épaves de Bretagne Bretagne : 3 vues sur mer à couper le souffle


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