Les animaux du snorkeleur : la bande des sars

Mardi 2 mai 2017 à 14h48

Les sparidés sont les poissons les mieux représentés en zone littorale et les plus accessibles au randonneur palmé. La famille compte vingt et une espèces, dont cinq espèces de sars. Trois notamment évoluent très près de la surface. Portraits-photo.


Le sar à tête noire (Diplodus vulgaris), reconnaissable entre tous avec son large bandeau sur la nuque. Crédit photo : Anders Finn Jørgensen (via Wikimedia Commons)

Tous les sars ont une forme générale ovale, avec un corps élevé et plat, et une coloration globale gris argenté. C’est plus par un détail de leur robe ou anatomique qu’ils se différencient. Le sar commun, le sar à tête noire et le sparaillon sont ceux que vous rencontrerez le plus souvent ; ils évoluent très près de la surface. Les deux autres espèces, le sar à museau pointu et particulièrement le sar tambour, vivent plus en profondeur à l’âge adulte.

Crèches à sars

Comme beaucoup de poissons, les sars sont hermaphrodites, en l'occurrence protandres (le mâle devient femelle). La fécondation est externe, elle a lieu en pleine eau. Les œufs sont emportés par les courants et donnent rapidement naissance à des larves, elles-mêmes pélagiques (durant deux à huit semaines). Prêtes à évoluer, celles qui n’auront pas été mangées et auront su profiter des courants arrivent en groupes jusqu’à la côte. Elles rejoignent les zones rocheuses de nurseries, où elles vont se transformer en mini-poissons de quelques centimètres, en adoptant l’allure et le régime alimentaire des adultes (omnivore au stade juvénile, essentiellement carnivore à l’âge adulte). Ces crèches sont essentielles au renouvellement des populations. Elles sont visibles à très faible profondeur, parfois juste sous la surface de l'eau. Des sars d’à peine cinq centimètres y virevoltent !

Le sar commun (Diplodus sargus)

C'est le plus commun de la bande ! Il est facilement reconnaissable : les opercules et l’arrière de la nageoire caudale sont bordés de noir, les nageoires pelviennes bordées de blanc. Particularité : la tache noire arrondie sur son pédoncule caudal n’atteint jamais le bord inférieur (à la différence du sar à museau pointu). On le rencontre sur les petits fonds rocheux, les zones d’éboulis et de dalles aux abords des herbiers. Tout l’été, les juvéniles vivent en groupes dans les nurseries, des sites abrités faits de blocs de roches, sable, galets, dans moins de deux mètres d’eau. Le sar commun mesure de 15 à 30 cm. De gros spécimens peuvent s’observer dans très peu d'eau, le matin tôt ou en fin de journée, lorsqu’ils viennent s'alimenter (oursins, moules, crabes, crevettes).

Distribution : commun en Méditerranée. Atlantique Est, du golfe de Gascogne à l’Afrique tropicale.

Profondeur : 1-40 m

Reproduction : hermaphrodite non strict (tous les individus ne changent pas de sexe). Maturité sexuelle à 2 ans (17 cm environ). Devient femelle vers 5 ans.

Le sar à tête noire (Diplodus vulgaris)

La large barre noire qui couvre sa nuque et descend jusqu’à l’angle operculaire est caractéristique. Une autre occupe tout le pédoncule caudal et remonte jusqu’à la base arrière de la nageoire dorsale. Il mesure de 20 à 30 cm. On le rencontre sur les petits fonds rocheux et les herbiers de posidonies, dans un mètre d’eau, mais il est moins attaché que le sar commun aux abris sous roche. C'est une espèce grégaire, qui peut constituer des bancs de centaines d'individus (visibles parfois en pleine eau, stationnaires), mêlant d'autres espèces de la même famille (sars communs, saupes). Les juvéniles occupent les mêmes crèches superficielles que le sar commun et le sar à museau pointu.

Distribution : Méditerranée. Atlantique Est, de la Bretagne au Sénégal.

Profondeur : 1-50 m.

Reproduction : hermaphrodite strict. Maturité sexuelle à 2 ans (17 cm).

Le sparaillon (Diplodus annularis)

C’est le plus petit des sars (12-18 cm). Le corps est très jaune chez les juvéniles, gris argenté avec des reflets dorés chez les adultes. Les nageoires pelviennes et le début de la nageoire anale sont jaunes (surtout chez les jeunes). La tache sombre du pédoncule caudal est en anneau presque complet. Les jeunes comme les adultes se rencontrent essentiellement dans les herbiers. Plutôt solitaire, c'est un poisson difficile à approcher, qui se faufile à toute vitesse dans la posidonie.

Distribution : commun en Méditerranée. Mer Noire. Atlantique Est, du golfe de Gascogne au Maroc.

Profondeur : 1-25 m.

Reproduction : quelques cas d’hermaphrodisme. Maturité sexuelle à 1 an. La reproduction a lieu d’avril à juin.

Le sar à museau pointu (Diplodus puntazzo)

Son museau est pointu, ses lèvres le sont aussi, et son corps est plus allongé que celui des autres sars (et plus gros). La tache sombre sur son pédoncule caudal est en anneau complet (à la différence du sar commun). L’arrière de la caudale est sombre. Il peut être assez grand (30-40 cm). Les juvéniles fréquentent les mêmes nurseries que les sars communs et à tête noire. Les adultes vivent plus en profondeur, principalement sur les fonds rocheux accidentés, parfois les zones proches d’herbiers et de sable. Les gros individus sont plutôt solitaires, capables de grands déplacements. Ils sont parfois en compagnie d’autres espèces de sars (le sar commun notamment). L’espèce est peu farouche.

Distribution : principalement en Méditerranée. Atlantique Est, du golfe de Gascogne à la Mauritanie.

Profondeur : 5-50 m

Reproduction : hermaphrodite strict. La reproduction a lieu d’août à septembre en Méditerranée.

Le sar tambour (Diplodus cervinus)

C’est le plus grand des sars, il mesure en moyenne 30-35 cm (maximum 55 cm !). Il possède 5 larges bandes transversales brunes sur le corps, d’intensité variable (du brun pâle au noir). Les lèvres sont grosses (on l’appelle aussi « sar à grosse lèvres »). Les juvéniles se rencontrent l’été à très faible profondeur dans les petits fonds rocheux, les zones d’herbiers et intermédiaires roche-sable. Ils sont peu farouches et se laissent facilement approcher, à la différence des adultes (qui vivent sur des fonds rocheux d'au moins dix mètres). Poisson plutôt solitaire, qui vit parfois en petit groupe.

Distribution : Méditerranée occidentale (Côte d’Azur, Corse, Iles Mèdes, Tunisie). Atlantique Est, du golfe de Gascogne à l’Afrique du Sud.

Profondeur : adulte 10-50 m. Juvéniles à très faible profondeur.

Reproduction : hermaphrodite strict. Maturité sexuelle à 2 ans (20 cm). Devient femelle vers 5 ans. En Méditerranée, la reproduction a lieu de mars à mai et les larves arrivent sur la côte début juin.

 

 

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