Pont-Aven cité des peintres, des marins et… des galettes

Samedi 8 avril 2017 à 12h30

Ce nom « cité des peintres » lui a été donné car de nombreux peintres y ont séjourné. Quant aux galettes, remises au goût du jour en 1975 par le film de Joël Séria avec Jean-Pierre Marielle et Claude Piéplu, elles remontent aux années 1890 où un pâtissier en aurait accidentellement inventé la recette. Leur nom breton "Traou-Mad" signifie "les bonnes choses" en français. Mais Pont-Aven c’est aussi un port où seuls les bateaux pouvant s’échouer peuvent y accoster. A noter que depuis 2012, un navire classé au titre des monuments historiques y est amarré : le Minahouet II, construit en 1912 au chantier naval Foncillon (Saint-Georges-de-Didonne).


Le port / Figaro Nautisme

Le port de Pont-Aven maintenant dédié à la plaisance

 

Ce port n’a jamais connu beaucoup de trafic, l’une des raisons est qu’il est situé en fond d’estuaire et qu’il assèche à marée basse. Au XIXe siècle des gabares, lougres et autres chasse-marées le fréquentaient pour se rendre ensuite vers Quimper, Nantes ou encore Cardiff pour y acheminer leur cargaison de pommes de terre, de farines (froments, seigles, avoines), de volailles et y charger du charbon. L’arrivée des routes et du train le fit décliner rapidement et il est maintenant réservé à la plaisance. Pour rejoindre Pont-Aven, on doit attendre que la marée soit favorable (montante), c’est pourquoi, sur la commune de de Kerdruc, on trouve Port Manec’h. Il est équipé de bouées et d’un ponton pour annexe permettant de descendre à terre pour pouvoir aller à la capitainerie et accéder aux commodités (WC, douches, commerces, etc.). A l’entrée de l’Aven, lorsque la houle et les vents du large s’opposent au jusant, une barre se crée sur les bancs de sable et son franchissement peut être dangereux. La remontée vers Pont-Aven, distant de 3 milles, ne pose pas de difficultés à condition de bien respecter le balisage. Sur le trajet, on trouve le mouillage de Rosbraz. Pont-Aven est équipé d’un quai d’accueil sur la rive droite où 100 m sont réservés aux visiteurs. L’amarrage se fait à l’échouage le long du quai. Les bateaux calant moins de 2 m peuvent y accéder à marée haute (+/- 2 heures).

 

Pont-Aven mérite une longue visite

 

Que vous rejoigniez Pont-Aven avec votre bateau ou que vous laissiez ce dernier dans un des grands ports voisins tels que Concarneau ou Port-la-Forêt, cette ville mérite une longue visite. Déjà au milieu du XIXe siècle (1863), un jeune peintre américain, Henry Bacon, qui se promenait en diligence dans la région la découvrit et fut séduit. De retour à Paris, il en parle à ses amis artistes américains tels que Robert Wylie, Charles Way, etc. ainsi qu’à des Anglais. Jean Léon Gérôme, professeur à l’école des beaux-arts de Paris va jusqu’à conseiller à ses élèves de se rendre l’été à Pont-Aven. Pendant les années qui suivirent de nombreux peintres français comme William Bouguereau, Louis-Nicolas Cabat, Léon-Germain Pelouse suivirent le conseil ainsi que des étrangers venus de Hollande, d’Irlande, du Canada, etc. Ils sont tous séduits par la beauté des paysages et, à l’époque, par le coût de la vie peu chère. Vers 1870, les artistes qui y séjournaient étaient au moins une cinquantaine, nombre qui ne cessa de croître. En 1886, Gauguin qui traversait une période financièrement difficile et sur les conseils de Jobbé-Duval, rejoignit cette colonie. Les habitants de Pont-Aven virent l’intérêt de cette population et créèrent des ateliers, ouvrirent des boutiques de matériel de peinture, etc. Ils comprirent également que leurs costumes traditionnels leur permettaient de servir de modèle tout en touchant de l’argent facilement.  A cette époque, émergea un courant artistique appelé « synthétisme » qui devient plus tard l’Ecole de Pont-Aven. Comme l'a dit Paul Sérusier : « Ce ne fut pas une école consistant en un maître entouré d’élèves, c’étaient des indépendants qui apportaient en commun leurs idées personnelles».

Après un séjour à Tahiti, entre avril 1891 et août 1892, Paul Gauguin, rentré en France, revint à Pont-Aven en avril 1894, en compagnie de sa compagne Annah la Javanaise, côtoyant notamment Alfred Jarry, mais il quitta définitivement la France en juillet 1895 pour les Îles Marquises.

Le barde Théodore Botrel s'installa à Pont-Aven à partir de 1905 et y fit construire en 1910 sa propre maison, dénommée « Kerbotrel ».

 

Ce qu’il ne faut pas manquer

 

En déambulant dans les rues de la ville (rue des Meunières, place Delavallée,…), vous pourrez admirer des maisons anciennes datant du XVe siècle, des moulins, certains à l’état de ruines, d’autres restaurés. C’est le cas des moulins du grand Poulguin et de Rosmanec transformés en restaurant ou encore le moulin David peint par Gauguin. Il reste du passé meunier de cette ville, avec la minoterie Le Dérout, toujours en fonctionnement. Sur les coteaux, au-dessus du port, on peut admirer des villas datant de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

 

Rive droite, sur le coteau de Keremperchec, signalons la ferme du même nom, bel ensemble de chaumières du XVIIIe siècle restauré récemment.

La rive gauche permet de découvrir, sur le coteau de Saint-Guénolé, les deux villas du chanteur Théodore Botrel (Castel-Brizeux et Kerbotrel), construites successivement sur les plans de l'architecte Charles Chaussepied.

Pour finir, une visite au Musée des beaux-arts s’impose. Il a mené dès ses débuts une importante campagne d’acquisitions et compte actuellement un fonds de 4 500 pièces, allant de l'École de Pont-Aven à l'art contemporain. Après rénovation et agrandissement, il a rouvert en 2016, et c’est sur une surface de 2 000 m2, répartie sur 7 niveaux, que vous pourrez admirer les œuvres exposées.

 

 

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