Tout savoir sur l'ivresse des profondeurs

Mercredi 13 septembre 2017 à 15h40

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Rien à voir avec l’ivresse ressentie après quelques verres de vins. Pourtant l’ivresse de profondeurs, tout aussi dangereuse et bien connue des plongeurs en eaux profondes, entraîne de nombreux symptômes, allant de la légère euphorie au décès du plongeur… Retour sur ce phénomène inquiétant.


Communiquer avec son partenaire et vérifier ses instruments de plongée régulièrement / Pixabay

Découvert en 1930, l’ivresse des profondeurs est causée par l’azote contenu dans l’air que nous respirons. Selon une loi physique, la loi Dalton, plus la profondeur augmente, plus la pression globale environnante augmente, et plus la pression de chacun des gaz contenu dans un mélange de gaz parfaits, comme l’air, augmente. Or certains gaz changent de comportement quand ils se compriment. C’est le cas de l’azote, qui est contenu dans 78% de l‘air que nous respirons. A partir d’environ 30 mètres de profondeur, l’azote devient toxique pour le corps humain. Il devient alors un puissant narcotique. L’ivresse des profondeurs est ainsi également appelée narcose à l’azote.

Les symptômes sont très reconnaissables et sont similaires à ceux d’une consommation excessive d'alcool, d’où le nom d’"ivresse" des profondeurs. Les symptômes s’accentuent avec la profondeur : euphorie tout d’abord, puis trouble de la concentration, hilarité, confiance en soi excessive, somnolence, hallucination, perte des facultés de jugement, hystérie, angoisse, ralentissement globale de réflexes et des facultés mentales, confusion, trouble de la vison, perte de connaissance, voire décès du plongeur à partir de 100 mètres de profondeur. …

Si traditionnellement, l’ivresse de profondeurs commence à faire effet dès 30 mètres de profondeur, ce chiffre varie en fonction des plongeurs. Certains seront sensibles plus tôt à ce phénomène, dès 10 mètres, d’autres plus tardivement. A partir de 60 mètres, celle-ci devient systématique, même si, encore une fois, celle-ci peut être ressentie différemment selon le plongeur.

Les hallucinations provoquées sont troublantes. Guillaume Néry, champion du monde de plongée en 2011 et capable de nager jusqu’à 125 mètres par la seule force de ses palmes est un habitué de ce phénomène. Il a vu, à plusieurs mètres de profondeur, un monstre sautillant parmi les fonds marins ou bien encore il s’est vu se marier avec sa femme ! Il a ainsi réalisé des courts-métrages retranscrivant les sensations appréhendées lors d’une narcose à l’azote.

Pour éviter l’ivresse des profondeurs, quelques précautions sont à prendre, car ce phénomène est inévitable à certaines profondeurs même pour des plongeurs expérimentés : plonger avec un partenaire que l’on connaît, avec lequel on a l’habitude de plonger et qui sera capable de reconnaître un comportement anormal, communiquer régulièrement avec lui, et vérifier les instruments de plongée à intervalles réguliers.

Certains plongeurs adoptent également des mélanges de gaz différents, avec moins ou pas du tout d’azote, comme le trimix, l’héliox ou bien encore, l’hydrox, un mélange d’hydrogène et d’oxygène. Remplacer l’azote par de l’hydrogène permet de plonger plus profond, mais l’hydrogène devient aussi narcotique à partir d'une certaine profondeur.

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