L’Écosse, depuis l'océan

Mardi 18 juillet 2017 à 06h33

Les côtes écossaises regorgent de mouillages bien abrités et peu fréquentés, dans des décors puissants où se mêlent vestiges gaéliques et nature indomptable. Tour d’horizon de cette Écosse vue par l’océan.


Kyle of Durness / Wikimedia

Même si l'eau ne dépasse pas les 15 °C et si les conditions de navigation ressemblent plus à celles d’une virée venteuse au large des côtes bretonnes qu’à une partie de plaisance en Méditerranée, l'expérience écossaise vaut d'être vécue. Ne serait-ce que pour voguer sous un ciel aux lumières oscillant constamment du romantique au dramatique, pour admirer des terres sauvages qui n’ont pas bougé depuis l’époque où les clans y ont construit leurs châteaux et pour savourer le plaisir de se retrouver quasiment seul sur des mouillages innombrables et bien abrités. Voici quelques lieux écossais incontournables à découvrir par la mer, en louant un voilier ou un bateau à moteur sur place, et en organisant son expédition entre mai et septembre, lorsque les brises sont plus douces.

Stonehaven et Dunnottar Castle

Sur la côte nord-est de l’Écosse, au sud d’Aberdeen, impossible de manquer le château de Dunnottar. Les premières pierres de cette splendide forteresse médiévale en ruine, construite sur un promontoire rocheux haut de 50 mètres, auraient été posées au Ier siècle après J-C par une tribu calédonienne. Le château aurait ensuite été reconstruit au XIIIe siècle pour jouer l’un des rôles les plus importants de l’histoire de l’Écosse durant le Moyen-Age. Sa position stratégique permettait de contrôler les voies de navigation vers le nord et les mouvements terrestres. Le voir depuis le large offre un spectaculaire retour dans le temps. À trois kilomètres au nord, il est possible de mouiller dans le petit port de Stonehaven, un village de pêcheurs construit à l’âge du fer. Une pause pour se balader au milieu des maisons en pierre et manger une soupe au haddock, spécialité du cru, dans l’un des quelques bistros à l’ancienne qui jouxtent le port.

John O’Groats

C’est le « bout du bout », est-il précisé en anglais sur la pancarte annonçant le lieu. John O’Groats est le point le plus septentrional de l’île de Grande-Bretagne. Cette pointe, comme le village qui y est rattaché, tient son nom de Jan de Groot, un Hollandais qui finança le ferry entre le territoire écossais et l’archipel des Orcades, situé à une quinzaine de kilomètres au nord. Naviguer ici offre l’occasion unique de slalomer entre d’impressionnants pics rocheux qui semblent plantés dans la mer depuis des millions d’années. Dans cette zone, de nombreuses espèces d’oiseaux convergent : skuas arctiques, pétrels, guillemots, macareux et pingouins. L’archipel des Orcades, lui, compte 67 îles dont seize seulement sont habitées. Ce sont d’anciennes terres pictes qui abritent certains des plus anciens sites néolithiques d’Europe.

Kyle of Durness

Un lagon bleu turquoise bordé de sable blanc, le tout au nord de l’Écosse. Voici Kyle of Durness, un bras de mer qui pénètre le comté de Sutherland sur 9 kilomètres pour donner un paysage maritime de toute beauté. Ici, c’est le calme assuré. L’idéal est de se renseigner au préalable sur les heures de marée. Lorsque la mer est au plus bas, il reste seulement un canal d’eau étroit. Les prairies vallonnées verdoyantes qui bordent ce bras de mer hébergent des monolithes datant de la préhistoire et un magnifique terrain de golf, le Durness Golf Course, qui surplombe cet insolite paysage.

L’île de Lewis et Harris

Cette île écossaise fait partie des Hébrides extérieures, archipel posé à l’ouest de l’Écosse. Vaste de plus de 2000 km2, elle est partagée entre les régions de Lewis et Harris, offrant deux visages différents : landes et tourbières pour Lewis, reliefs escarpés pour Harris. Leur point commun : des paysages puissants et sauvages, sans âme qui vive sur des kilomètres. Juste des immenses étendues de bruyères parsemées de lochs, des étendues d'eau qui reflètent les constants changements du ciel. Dans les prairies verdoyantes, paissent des moutons et des Highland Cattle, ces vaches au long pelage roux tenant plus de l’ours en peluche que du traditionnel bovin. De nombreuses baies et criques offrent des mouillages de toute beauté. À terre, la saumonerie Uig Lodge vend des saumons fumés en direct. L’île compte aussi quelques monuments d'exception, comme l'impressionnant site mégalithique de Calanais, cercle de pierres dressées il y a 5.000 ans, ou la petite église Saint-Clément, bâtie au XVIe siècle, qui abrite la tombe du célèbre Alexander MacLeod.

Les Hébrides intérieures

Cet archipel regroupe plus de 80 îles situées au ras de la côte écossaise occidentale. L’île de Colonsay est l’endroit le plus calme de toutes les Hébrides intérieures, mais aussi l’un des plus beaux. Au nord, elle possède la plage de Kiloran Bay. Avec plus de 1,5 kilomètres de sable blanc bordé par l’Atlantique, des rouleaux et un vent d’ouest, l’endroit est idéal pour faire du surf. L’île de Mull abrite Tobermory, une ville traditionnelle aux façades multicolores. C’était l’une des escales préférées de la Reine Victoria, qui visitait très souvent cette zone en voilier.  Non loin, se trouvent les îles jumelles de Coll et Tiree. La première possède des plages sableuses et des dunes tandis que la seconde est connue comme la capitale régionale du surf. Îles les plus occidentales de l'archipel, elles sont de véritables sanctuaires pour la faune et la flore. Près de 300 espèces d’oiseaux y ont été recensées dont les aigles marins. Leurs eaux accueillent des phoques, marsouins et même des baleines.

Dans le Firth of Lorn, une baie immaculée bordant la côte, se trouve une station balnéaire écossaise cotée : Oban. Cette ville est également le point de départ de plusieurs lignes de ferries vers les Hébrides.

Toute cette zone bénéficie du puissant courant marin du Gulf Stream. C'est donc l’un des endroits les plus chauds du Royaume-Uni. Enfin, de nombreuses épaves de navires jonchent le fond marin pour le plus grand plaisir des plongeurs.

De Mull of Kintyre à Firth of Clyde

Situé au sud-ouest de l’Écosse, Mull of Kintyre est un cap qui s’avance dans le canal du Nord, face à l'Irlande. Ce bout du monde, avec son phare perché sur une falaise, balayé par les vagues et vents violents, fut immortalisé par la chanson du même nom de Paul McCartney. À quelques kilomètres, un mouillage à Campbeltown vaut le détour. Bordée d'édifices construits au XIXe siècle, la ville est un ancien bourg royal qui fut aussi un important centre de construction navale. Ici, les habitants parlent encore en scots, la langue traditionnelle.

De Campbeltown, il est aisé de rejoindre le Firth of Clyde, vaste étendue d’eau côtière qui héberge deux îles de toute beauté. L’île d’Arran, tout d’abord, destination très prisée des géologues car dotée d’une grande variété de formations géologiques. Lamlash, le plus grand village de l'île, regorge de cercles de pierres symboliques. L’autre île se nomme Ailsa Craig. Ce cône volcanique de 3,2 kilomètres de circonférence et 338 mètres de hauteur, inhabité, est tellement visible qu’il sert depuis des siècles de repère visuel pour les marins. Les autochtones l’appellent « Paddy's Milestone », soit la borne de Paddy. Il indiquait autrefois aux centaines d'ouvriers irlandais, qui allaient chercher du travail en Écosse, le milieu de la traversée entre Belfast et Glasgow.

 

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