La marinière : de la mer à la rue

Samedi 29 avril 2017 à 06h00

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Des matelots du 19ème siècle, en passant par Brigitte Bardot, Pablo Picasso, Jean-Paul Gaultier et plus récemment Arnaud de Montebourg, la marinière n’a eu de cesse de se réinventer. La rédaction vous propose de revenir sur l’histoire de ce vêtement mythique qui n’a pas fini de nous surprendre.


@Adobe Stock

Avant 1858, seuls les officiers de la Marine se devaient de porter une marinière ; marinière qui n’avait alors rien à voir avec la marinière que l’on connait aujourd’hui. C’était une simple blouse blanche immaculée avec un large col, dit « col marin ».

Mais le 25 mars 1858, un décret étatique impose le port d’un uniforme au sein de la Marine par les matelots : le tricot rayé bleu indigo qui servait alors de tricot de corps. C’est la marinière, vêtement dont on trouve des traces depuis le 19ème siècle dans de vieilles lithographies bretonnes.

Contrairement à aujourd’hui, où la marinière est déclinée sous toutes ses formes, la marinière officielle se doit de respecter certains critères : « 21 rayures blanches, chacune deux fois plus longues que les 20 à 21 rayures bleu indigo » selon les termes du décret.

Que signifient ces 21 rayures ?

Plusieurs interprétations s’affrontent. L’interprétation la plus répandue mais aussi la plus symbolique est qu’elles représentent les 21 victoires de Napoléon. D’un point de vue pratique, ce motif permet également de repérer plus facilement un marin tombé à l’eau. Cependant, une interprétation plus technique veut qu’elles soient le fait des contraintes imposées par le mode de tissage. Le nombre de rayures serait alors seulement le résultat de la longueur réglementaire du tricot, des épaules aux cuisses.

Peu à peu, la marinière va s’affranchir et quitter les bancs de la Marine pour les défilés, la rue et le cinéma !

Ainsi, pendant la première guerre mondiale, Coco Chanel démocratise la marinière en commercialisant une version plus courte, plus pratique et plus féminine, dans sa boutique de Deauville.

Dans les années 1960, Jean-Luc Godard fait de Jean Seberg et de Brigitte Bardot des icônes, respectivement dans «A bout de souffle » (1960) et « Le Mépris » (1963), en faisant revêtir à ses héroïnes une marinière. Sans oublier, Picasso qui s’est crée une véritable identité en portant le célèbre vêtement français dès 1952 !

Cependant, c’est véritablement en 1966 que la marinière devient un vêtement haute couture grâce à Yves-Saint-Laurent qui la modernise et la fait figurer dans sa collection « matelot ». Puis Jean-Paul Gaultier fait de l’ancien tricot de corps son emblème en 1978. Non seulement il la fait porter à ses modèles en la revisitant sans cesse ( robe, jupe, casquette, chaussettes…), mais la porte également lui-même, telle une signature visuelle.

Réaction en chaîne, la marinière est progressivement reprise par les créateurs de mode. Karl Lagerfeld, Kenzo ou encore Sonia Rykiel ont tous apporté leur touche au vêtement iconique.

En 2011, la marinière est choisie pour être le maillot officiel de l’Equipe de France de football. Très décrié, il sera abandonné en 2012.

Cette même année, nouveau tournant dans l’histoire de la marinière. Elle se politise en devenant le symbole des défenseurs du « made in France », après qu’Arnaud de Montebourg l’ait arborée en Une du Parisien Magazine.

Ainsi, de la mer à la rue, la marinière n’a pas fini de faire parler d’elle. Cet été, elle a même été sélectionnée par l’Eglise catholique comme emblème des jmjiste français à Cracovie.  

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