Escale aux Féroé

Samedi 15 avril 2017 à 14h42

Inhabitées jusqu'à l'arrivée des moines Irlandais puis des Vikings, ces dix-huit îles situées entre le 61e et le 62e degré Nord demeurent parmi les plus isolées d'Europe. Au carrefour des routes maritimes entre l’Écosse, la Norvège, l'Islande et le Groenland, escale au pays des moutons et des Macareux.


@S.Pierrefeu

On les trouve sur les sentiers les plus escarpés, tutoyant le vide, au ciel des falaises comme dans les ruelles des villages ou sur les routes serpentines de l'archipel : les moutons sont partout aux Féroé. Importés par les nouveaux arrivants au VIIIe siècle, ils auraient donné son nom à ce groupe d'îles jaillies d'Atlantique Nord. Un peu plus nombreux que ses cinquante mille habitants, ils n'en ont jamais fait la fortune puisque les ressources, ici, viennent de la mer et de la pêche, désormais organisée à grande échelle.

Voyage dans le temps, dans le vent

L'escale aux Féroé, on le comprend dès l'arrivée, est un voyage dans le temps, dans le vent, à l'école de la survivance. À chaque détour de la route ou du caboteur qui court d'une île à l'autre, les paysages dépassent la mesure, les ciels rivalisent de contrastes. Un grain de neige suivant un flamboiement sur les falaises. C'est bouche bée, en émerveillement permanent, que l'on parcourt ces paysages de début du monde ; parmi ces îles sculptées par le temps, à frôler le cercle polaire, à trois cents kilomètres au Nord Ouest des premières terres habitées, les Shetlands.

Rien ou presque ne pousse sur ces pentes baignées, certes, par le Gulf Stream, mais balayées par un vent omniprésent ; rien sauf de l'herbe dont se suffisent les bêtes frugales qui peuplent le paysage et fournissent encore les familles en laine et en viande. La laine couvre les corps, des pieds à la tête, et le tricot, moins nécessaire qu'auparavant, demeure une passion dans les villages comme dans la capitale où des créateurs de mode inventent des modèles vendus dans le monde entier.

Des quais de fortune où l'on débarque comme on peut

Imaginez des îles à la fois minuscules – les plus petites ne dépassent pas trois kilomètres de diamètre - et démesurées car frangées par les falaises maritimes les plus hautes d'Europe ; certaines culminent à plus de sept cents mètres. Au creux de ces vertiges de basalte où nichent par millions Macareux, Puffins, Pétrels et Guillemots, des poignées de maisons abritent ici ou là dix, vingt, parfois cinquante ou cent habitants.

Une église, une école, un semblant de quai : dans ce dédale d'à-pics parcourus de courants puissants, la mer est souvent trop grosse pour laisser partir les barques à rame dont s'arme le moindre village. Elles sont en mer à la moindre accalmie, ces coques colorées, échouées sur des plans inclinés où l'on débarque en ferry, guettant le mouvement des vagues pour sauter à terre. Parfois, le « courrier » n'accoste pas pendant plusieurs semaines et les liaisons par hélicoptère, qui complètent les dessertes maritimes régulières, ne peuvent rien contre certaines tempêtes. Les habitants – et les voyageurs...- restent alors ensemble sur leur rocher de fortune, en attendant l'accalmie. Les liens se tissent, les denrées manquantes sont partagées, et bientôt le soleil revient, avec le bateau pour repartir. Inoubliables Féroé. A lire aussi :

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