Chic et écologique, les marchandises hissent les voiles

Samedi 28 juin 2014 à 09h43

Mots clés : , , , ,

Face à la raréfaction et au coût des énergies fossiles, le transport de marchandises à la voile séduit producteurs et consommateurs adeptes du développement durable.


Le 19 juin dernier, Notre Dame de Rumengol, appareillait de Brest avec à son bord, un chargement de tisanes et de confitures de fraises de Plougastel. Ce vieux gréement, va, durant un mois, faire le tour de la Bretagne et embarquer au gré de ses escales du vin, du sel de mer, des oignons roses, de la mousse de fruits de mer ou du safran. C’est un retour aux sources pour ce voilier de charge qui avait été construit en 1945 pour faire du fret, notamment entre le France et l’Algérie. Mais aujourd’hui, le transport à la voile a une autre image, plus chic et plus écologique. À la manœuvre, Guillaume Le Grand, fondateur de l’entreprise TOWT, pour TransOceanic Wind Transport : « Nous proposons des produits locaux de qualité, dotés du label bio, qui sont transportés grâce au vent vers les consommateurs, tout en leur assurant une véritable traçabilité logistique. Dans notre cahier des charges, les producteurs comme les acheteurs ne doivent pas résider à plus de 30 km du lieu d’accostage du bateau afin d’avoir l’empreinte carbone la plus réduite possible. » Pour les 22 producteurs associés à l’opération, le transport à la voile va coûter un peu plus cher qu’avec un porte-conteneurs, mais il apporte aux produits une véritable valeur ajoutée. En trois ans, la jeune société a affrété seize bateaux, dont Notre Dame de Rumengol et Biche, le thonier dundee de l’île de Groix, pour des tournées en Bretagne mais aussi en Europe du nord et vers les Antilles. « Un producteur brésilien de sucre bio nous a demandé de transporter 1.500 tonnes. Pour le moment, nous ne pourrions pas satisfaire sa demande même en affrétant le Kruzenshtern, l’un des plus grands voiliers au monde », explique Guillaume Le Grand.
 

Un porte-conteneurs à quatre voiles


En effet, le trafic concerne une petite quantité de marchandises. Mais à terme, la création de cargos à voiles est loin d’être une utopie. TOWT s’intéresse ainsi de très près au programme interrégional européen « Sail », visant à développer des bateaux de marine marchande utilisant l’énergie éolienne. Deux sociétés des Pays-Bas projettent ainsi de lancer le navire Ecoliner Fair Winds, un porte-conteneurs doté de quatre grandes voiles carrées entièrement automatisées. Ces voiles, pilotées par ordinateur, seraient réajustées à l’aide d’un système de localisation par satellite en temps réel, avec utilisation des données météorologiques, pour déterminer la route à privilégier en fonction des vents et des courants. Long de 145 mètres, atteignant une vitesse de 18 nœuds, l’Ecoliner pourrait transporter une douzaine de conteneurs, soit 2.000 tonnes. « Ce bateau va être très cher, chaque mât vaut deux millions d’euros, commente Guillaume Le Grand. Je pense qu’il nous faudrait un bateau plus petit, de 60 mètres, moins coûteux, qui aurait la capacité de transporter 200 à 300 tonnes. Car nous sommes dans un marché de niche. » En attendant Notre Dame de Rumengol vient de charger du miel bio à Camaret et reprend sa route vers le Raz de Sein. En contemplant ce joli bateau, classé monument historique, on se dit que le gigantisme enlèverait bien du charme au transport à la voile.


SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
Recevez la newsletter
tous les jeudis
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Recevez la newsletter tous les jeudis