Appel pour la Haute-Mer: un sprint jusqu'à l'automne

Vendredi 12 avril 2013 à 09h50

Lorsque Catherine Chabaud est entrée au Conseil économique, social et environnemental, place d’Iéna à Paris, elle a voulu faire entrer la mer dans l’hémicycle. C’est désormais chose faite avec l’organisation d’une conférence international pour la gouvernance de la Haute-Mer, ce jeudi, qui a débouché sur l’appel de Paris.


crédits photo: AFP PHOTO / HO / SEA SHEPHERD CONSERVATION SOCIETY / Carolina. A. CASTRO

L’appel de Paris cherche à mobiliser la communauté internationale après RIO + 20, qui avait constaté l’urgence de s’occuper de la gouvernance de la haute-mer (64% des océans sont situés hors des eaux territoriales) mais sans prendre d’engagements contraignants. Les signataires demandent donc que les négociations onusiennes prévues, « au plus tard en 2014, permettent "l'avènement d'un instrument international de protection de la biodiversité en haut mer". Les signataires proposent que l’Autorité internationale des fonds marins « soit partie prenante à la gestion des ressources de la Haute-Mer, en particulier les ressources génétiques marines. »

 

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Parmi les signataires, nous avons retrouvé des associations, des marins de la marine marchande ou nationale, mais aussi des grands noms de la course au large, venue assister à la conférence pour témoigner mais aussi pour écouter très attentivement les différents intervenants. « Cela m’intéresse de comprendre les enjeux politiques et les connaissances scientifiques. Moi j’y passe, le plus vite possible, mais je ne connais pas forcément ce qui se passe dessous ! », a-t-il confié au Figaro Nautisme.

 

L’urgence d’agir

 

Romain Troublé, Secrétaire général de Tara Expéditions, explique vouloir faire vivre le travail de cette conférence dans le temps, » plutôt que de publier un rapport qui ne sera lu par personne ». Voilà pourquoi l’appel de Paris se présente comme un appel grand public, « facile à appréhender et facile à diffuser » qui commence par ces mots :


« Au-delà de l’horizon, là où ne règne plus aucun Etat, s’étend la Haute Mer. Cette large moitié de la planète nous est plus inconnue que la surface de la lune. Pourtant, nous ne vivrions pas sans elle. Elle nous nourrit, nous fournit la moitié de notre oxygène, équilibre notre climat, séquestre la majeure partie de nos émissions de gaz à effet de serre, permet la quasi-totalité des échanges de marchandises. Elle inspire nos poètes et fait rêver nos enfants. S’il appartenait à une seule nation, un tel trésor serait chéri.
Mais la Haute Mer n’appartient à personne, elle doit être gérée dans l’intérêt général, comme un «bien commun de l’humanité ».


L’objectif est de recueillir 10 millions de signatures à travers le monde avant septembre 2013. Pour atteindre cet objectif ambitieux, Jean-Michel Cousteau compte sur la révolution technologique qui permet aux citoyens des quatre coins du monde de réagir et de s’unir pour une même cause.

La ministre de l’Ecologie Delphine Batho, venue assister aux conférences a déclaré que la France, deuxième territoire maritime mondial, souhaitait que cet instrument soit adopté « fin 2013 lors de la prochaine Assemblée Générale » de l’ONU. Les invités internationaux présents, comme Angus Friday de la Banque Mondiale, ont rappelé qu’ils espéraient une initiative française.


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